Le GR738 : premiers retours

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Me revoilà ! Ca fait quelques jours que j’ai remis les pieds sur la terre ferme - je veux dire au bord de l’eau, loin des montagnes - et il est temps que je vous parle un peu de ce GR738 avant de tout oublier. Avant de me lancer dans le récit détaillé (ce qui vous attend : des larmes ! du sang ! de la tarte aux myrtilles !), je me suis dit que j’allais rebaliser tous les éléments “pratiques” de ce GR que j’ai adoré. Si j’oublie quelque chose, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires.

  • L’itinéraire

C’est le moment de ressortir mes bons vieux tableurs Excel ; ils sont en accès libre juste ici. Les données sont issues du site MonGr. Ci-dessous, le découpage “officiel” de la Fédération de randonnée ; j’ai rajouté les km-effort sur demande expresse d’un intéressé (faut pas chercher). J’avais volontairement mis tous les points de chute possibles au cas où on avait besoin de décaler une étape.

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Et ci-dessous, le parcours tel qu’on l’a réalisé :

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Deux grosses journées, donc : le vendredi, avec un parcours relativement facile au niveau des sentiers mais de gros dénivelés ; et le dimanche, moins costaud sur le papier mais qui nous a fait passer par des pierriers d’anthologie qui ont failli avoir raison de ma santé mentale. C’est cette étape que nous avons finalement doublée : pas trop le choix puisque le refuge des 7 Laux était fermé, sans partie hivernale accessible.

Globalement, j’ai plutôt bien tenu le coup ; je dois quand même dire que même en ayant potassé les topos et fait des jolis tableaux Excel, j’étais vraiment très loin de me rendre compte de ce que représentent vraiment 1000m de D+ à monter ou à descendre. J’étais à l’ouest, quoi. Ne faites pas comme moi : si ce GR vous intéresse, par pitié, allez vous dégourdir les jambes dans un peu de dénivelé histoire de comprendre ce qui vous attend.

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  • La météo

On a eu beaucoup de chance. Je ne me rendais pas du tout compte du risque que je prenais en suggérant “les Alpes début octobre” comme plan : j’étais persuadée que comme c’était - désolé - le Suuud, il n’y aurait aucun problème. Au total, il y a eu deux vrais jours de mauvais temps (au début et à la fin) : ils m’ont donné un aperçu remarquablement efficace ce qu’auraient pu être mes petites vacances : L’ENFER. Non, vraiment, l’enfer. On s’est retrouvés coincés dans des espèces de nuages de pluie horribles, du genre à te saper le moral et à tremper jusqu’aux chaussettes en cinq secondes. Il se trouve qu’à part ces deux demi-journées ignobles, il a fait vraiment très beau, avec des températures très clémentes, même tôt le matin. Verdict ? Je ne sais pas si je recommanderais du coup de faire la même chose. C’était un coup de poker, mais qui a largement payé : on a été très tranquilles sur le parcours et dans les refuges, et le tout en grande partie sous le soleil.

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  • Les refuges / hébergements

J’ai fait un onglet dédié dans le Drive. Pour moi qui n’avais jamais fait de randonnée en montagne, les refuges ont été une découverte. J’ai encore une fois eu beaucoup de chance : sur 6 nuits passées en refuge, nous en avons passées 4 seuls, 1 où on a partagé le refuge avec un photographe (de très mauvaise humeur) et 1 dans un refuge gardé où séjournaient quatre autres personnes - sachant qu’il y avait de la place pour peut-être 30, on ne s’est pas exactement marché sur les pieds . Il faut y rajouter la première nuit, dans des yourtes (gîte d’étape) au Pontet et une nuit en chambre d’hôtes à mi-parcours. Celle-là était plus que nécessaire, mais j’y reviendrai dans le prochain article. Les refuges, donc : si on a été aussi épargnés par la foule, c’est parce qu’on est partis fin septembre, que la météo était incertaine et parce que les refuges n’étaient plus gardés, à part l’Habert d’Aiguebelle (coup de bol). On est donc partis en autonomie pour la nourriture, avec un ravitaillement prévu à mi-parcours. Ceci étant dit, même sans être gardés, les refuges qu’on a vus étaient globalement charmants, chaleureux, et bien entretenus. Exception notable pour le refuge du Claran, qui a certes le mérite d’exister et d’être ouvert mais qui m’a un peu foutu les boules (ambiance : vieux trucs qui traînent partout et tâches d’humidité au plafond). J’ai encore mieux dormi dans les refuges gérés par la formidable association Tous à poêles, dont je reparlerai : je les adore, et pas seulement parce qu’ils font du très bon boulot et que le nom de l’asso est à mourir de rire. Leurs “cabanes bichonnées” sont hyper chouettes. Je l’avais évoqué dans mon article précédent mais en partant en début ou fin de saison, il faut vraiment mieux appeler les gardiens pour voir où ils en sont : les 7 Laux devaient être ouverts jusqu’au 30 septembre, mais ont fermé plus tôt cette année, idem pour la Martinette, etc.

  • Le matos

Pour rappel, ma liste complète est juste ici. Je crois qu’on est sur un quasi-sans-faute ! J’avais comme d'habitude quelques redondances : je n’ai pas eu besoin du shampoing, sans blague, ni utilisé ma palette d’aquarelle après le trajet aller (par contre j’ai religieusement rempli mon carnet et je n’ai plus qu’à l’illustrer). J’aurais peut-être pu me passer de ma polaire, mais elle m’a tout de même bien servi en couche “active” : pas super envie de randonner en doudoune. En fait, j’aurais surtout dû prendre un 2ème tee-shirt ; ce qui était faisable sur le GR34 (où je prenais des douches tous les soirs pour un niveau d’effort physique nettement moindre) m’a clairement dérangée sur celui-ci. Même en lavant mon teesh’ dans les torrents / lavabos de passage et en me glissant mon pyjama à la seconde où je passais la porte du refuge, c’était assez désagréable. La seule pièce neuve de mon vestiaire, mon legging de rando, m’a plutôt donné satisfaction, même si lors de longues journées de montées / descentes il avait tendance à redescendre (= le truc le plus énervant du monde). Ça reste un excellent legging-tout-court, que je porte encore à l’instant où je rédige ce post, ainsi qu’à chaque occasion possible (#enboucle). Bon, sinon, rien à signaler ; tout a fonctionné correctement et - remercions collectivement l’univers - nous n’avons pas eu à déplier la tente qui, pour rappel, était prévue pour une personne et non deux.

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  • La nourriture

J’avais commandé une variété délirante de ramens pour cette rando. Evidemment, je n’en avais goûté aucune avant de partir et évidemment, j’avais comme d'habitude pris des trucs ultra-pimentés ou méga-bizarre (poulet pimenté carbonara, anyone?). Je ne peux pas dire que ça a été un succès incroyable mais c’était loin d’être mauvais. Juste un peu … exotique. Stratégie inverse : Guilhem avait pris cinq paquets de la même variété de ramens, ce qui me semble terriblement monocorde !!! mais je dois bien reconnaître qu’au moins, c’était bon … de manière constante. J’ai mangé sans grand enthousiasme du porridge tous les matins, jusqu’au moment où nous avons fait le ravitaillement et - zut alors - j'ai dû me contenter de manger des Prince pour le petit dèj’ - sans différence flagrante, à mon sens. A partir du ravito, on a de toute façon dû faire avec ce qu’on a trouvé dans la mini-épicerie soit, en gros, des pâtes bolo.

  • L’eau

Si, au début du parcours, nous avons trouvé des sources potables sans problème, ça s’est moins vérifié lors de la deuxième partie, avec des sources à sec ou des alimentations d’eau fermées. J’avais pris des pastilles purifiantes Micropur qu’on a utilisées avec l’eau des torrents : rien à signaler, pas même de goût de javel, c’était nickel.

Et voilà pour la partie pratique ! La suite arrive très vite, enfin disons la semaine prochaine : mes journées sont singulièrement chaotiques en ce moment, mais c’est pour la bonne cause.

Mes préparatifs pour le GR738

Est-il bien sérieux d’écrire cet article à J-1 du départ ? Sans doute pas, mais on va dire que c’est mieux que rien. Si les jours ne m’avaient pas filé entre les doigts, j’en aurais profité pour réorganiser mes catégories et la description sur le côté puisque c’est officiel, vous n’êtes plus sur un blog “GR34”, c’est un blog “randonnée”, tout court ; mon sac est prêt et j’y retourne demain. Youpi !

Depuis la (récente) création du GR738, je rêve d’aller traîner mes baskets dans les montagnes de Belledonne. Ce sera bientôt chose faite : lundi matin, je vais sauter dans le train Quimper-Grenoble pour enfin aller voir ce que ça donne.

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  • L’itinéraire

Le parcours est exigeant : l’itinéraire officiel fait 11 jours, 121 kilomètres et, oh, un léger détail : 11 000m de dénivelé positif. Ahem. J’ai certes un peu bataillé dans les falaises bretonnes mais je crains que ça n’ait pas grand chose à voir. Deuxième petit détail, pour diverses raisons, je n’ai que 9 jours pour faire tout ça. J’ai repassé les recommandations de la FFR à ma moulinette personnelle, en scrutant les topos pour répertorier tous les refuges, points d’eau et ravitos possibles. Pour rappel, je suis abonnée au site MonGR qui permet notamment d’extraire les traces GPX de tous les GR de France et de Navarre. En l’occurrence, là, j’ai aussi acheté le topo papier, au cas où la technologie me lâche … Je me suis également largement appuyée sur cet excellent article de Randonner Malin ; la dernière étape est passée à la trappe, et il n’y aura donc plus qu’à en doubler une. En théorie. J’ai répertorié tout ceci dans un tableur Excel - à la surprise d’absolument personne - que je communiquerai ici s’il fait ses preuves.

  • Les refuges

Qui dit “départ fin septembre” dit “tous les refuges seront fermés, dommaaaage”. Bon, l’avantage, c’est que je ne risque pas d’être embêtée par le monde. J’ai bien fait mes devoirs, cf ci-dessus, et vérifié pour chacun d’entre eux s’ils étaient gardés ou non, accessibles même hors-saison ou non, pourvus d’un point d’eau ou non. Si vous partez avant mi-juin ou après mi-septembre, c’est à mon sens indispensable.

  • Le matériel

Ma liste de matériel à jour est juste ici. Les plus attentifs auront remarqué la section “en commun” … j’ai oublié de préciser que je ne partais pas toute seule, cette fois-ci. C’est le moment de raconter que je viens de passer des semaines hilarantes à initier mon mec à la rando ultralight et qu’après s’être bien moqué de moi, je l’ai retrouvé un jour en train de faire des tableurs Excel pour calculer son nombre journalier de kilo-calories. Au secours. Qu’on se rassure : en échange, j’ai eu le droit à un exposé sur toutes les chaussures de trail du monde, classées suivant divers critères : légèreté, grip, nombre d’apparitions publiques de Jim Walmsley avec le modèle en question aux pieds. Comme je le mentionnais brièvement dans l’article précédemment, j’ai tout de même fini par sauter le pas et je vais randonner avec une exquise paire de Hoka, en l’occurence les Mafate. Ça fait quelques semaines que je les teste et je dois avouer que ce n’est pas désagréable.

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En ce qui concerne les autres changements :

  • Je pars cette fois avec des bâtons (pas trop le choix)

  • Je prends ma tente et mon matelas ; on a l’intention de dormir dans des refuges tout du long, mais partir sans abri en cas d’urgence (gros orage ou que sais-je) me semblait un peu risqué. Oui, c’est une tente une personne, et on est deux. Il va donc falloir croiser les doigts pour qu’on n’ait pas besoin de la monter.

  • Je vais randonner avec un legging. Bien que je ne trouve aucun défaut au pantalon Décathlon qui m’a accompagnée sur le GR34, je préfère - de loin - les leggings pour le sport, dont acte. En l’occurence, le modèle Patagonia Pack Out, qui ne quitte pas mon séant depuis que je l’ai reçu.

  • Pour la nuit, j’ai également racheté un collant en mérinos (Décathlon) pour remplacer mon Uniqlo pas assez chaud à mon goût, et une doudoune en cas de soirées fraîches.

  • On part avec un réchaud pour 2 - mais chacun sa popote et sa cartouche de gaz. Il y a très certainement matière à optimiser, on verra bien ce que ça donne.

  • J’ai trouvé de magnifiques chaussettes Stance. G. s’est empressé d’acheter les mêmes - pas exactement le même motif, mais bon. Etant donné qu’on a également les mêmes collants, les mêmes gants, et peu ou prou les mêmes sacs et les mêmes pompes, je crains qu’on ait l’air de Dupond et Dupont, version “Tintin dans le massif de Belledonne”.

  • Si vous avez suivi mon parcours sur le GR34, vous m’avez vue avaler des quantités absurdes de Smacks en guise de petit-déjeuner. Je vais être plus raisonnable cette fois-ci, et j’amène avec moi - la mort dans l’âme - des flocons d’avoine. Youpi.

  • J’ai délégué la préparation de la trousse de secours après un dialogue qui a ressemblé à ça :

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Une sombre histoire d’incompatibilité avec l’effort ..? Pas tout compris. Je laisse donc - avec plaisir - le spécialiste s’y coller, et je pars avec en tout et pour tout des pansements pour les ampoules.

  • J’ai misérablement craqué et suis donc désormais en possession d’une paire d’AirPods, qui sont un outrage à l’ultralight : il faut les recharger, ça consomme la batterie du téléphone, et ça pèse littéralement 5 fois le poids des écouteurs classiques. SHAME!

Avec tout ça, c’est pas encore exactement cette fois-ci que mon sac à dos sera ultralight

  • La préparation physique et mentale

Je ne suis pas sûre qu’on puisse exactement parler de préparation ; j’ai emmené mes nouvelles chaussures sur quelques footings et sur le Cap Sizun, mais rien de bien compliqué. Pour ce qui est du “mental”, je me suis contentée de bien faire mes devoirs en étudiant les topos et les cartes afin de calmer mes angoisses, qui s’expriment principalement sous la forme “OMG TOUT CE DÉNIVELÉ AU SECOURS”. C’est la façon dont je fonctionne depuis que je suis en âge d’avoir des devoirs : rien de bien nouveau sous le soleil. Je flippe tout de même un peu que Monsieur “Je cours 100 bornes dans la montagne pour le plaisir” s’ennuie sur mon rythme de chi va piano va sano, mais bon, il sait (à peu près) où il met les pieds.

Globalement, je suis vraiment très, très, très contente de repartir à l’aventure et d’aller voir ce que donne la rando à la montagne. Je risque de ne pas faire d’articles quotidiens pour préserver la batterie de mon téléphone (et puis je ne suis pas sûre que ce soit trop ça, niveau réseau …) mais j’emmène un carnet pour prendre des notes, et le compte rendu devrait arriver dans 2 semaines. D’ici là, je serai sans doute plus active sur Instagram. A très vite !

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L'heure de la rentrée

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1er septembre. J'ai du mal à y croire. Comme tous les ans, l'été m'a filé entre les doigts. J'ai eu beau m'accrocher aux jours pour essayer de les retenir, ce fut parfaitement inutile, et voilà : c'est l'heure de la rentrée. Ici, les agapanthes se sont fanées peu à peu, et les chemins ont pris la couleur ocre du du fenouil sauvage en fleur. Les soirées interminables de mon début d'été se sont vite raccourcies ; j'habite pourtant au bout du monde, dont l'un des avantages - et non des moindres - est de faire durer les couchers de soleil plus longtemps qu’ailleurs. Il n'empêche ; un jour, j'ai levé la tête, il était 22h, et il faisait nuit : j'ai eu du mal à y croire.

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Evidemment, je suis d'autant plus réticente à voir arriver l'automne que mon été s'est déroulé aussi bien que possible, et mieux encore. Finalement, j'ai assez peu été toute seule dans cette grande maison ; il y a toujours eu du monde, des copains, de la famille, des parties de Catane sous le cyprès, de longues heures sur la plage à rassembler le courage d'aller dans l'eau, des fest-noz près du phare, des apéros au Nautilus, des rigolades à n'en plus finir et puis, aussi, des après-midi passées à dévaliser les rayons de la librairie Ravy en excellente compagnie. J’ai été tellement heureuse et, plus que jamais, consciente de la chance que j’ai de pouvoir vivre ici et d’avoir des copains adorés prêts à faire autant de kilomètres pour venir me voir. Comme le dit ma voisine : c’est le paradis sur terre, ici.

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Je travaille encore quinze jours ici. Ce sera bien, ni trop, ni pas assez ; c'est sans doute trop tôt pour faire le bilan, mais j'ai adoré ce job, et cet été, et je me remercie silencieusement tous les jours de m'être fait confiance et d'avoir pris la décision de partir. Il se passe des choses formidables lorsqu’on décide d’écouter vraiment ce que nous dicte notre instinct ; cette décision un peu dingue de faire le GR34, et d’en faire un blog, tout ceci a, encore aujourd’hui, des conséquences positives qui continuent à me surprendre.

Après la fin de mon contrat ... l'avenir est encore un peu flou. A la faveur d'un aller-retour un peu cauchemardesque pour passer des entretiens à Paris, j'ai tout de même fini par me rendre compte que toutes les choses que je considérais comme absolument nécessaires, obligatoires, il-faut-en-passer-par-là ne l'étaient sans doute pas. D'autant que j'ai la chance de faire un métier qui peut s'exercer partout où il existe des sites internet soit ... partout.

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J'ai laissé tomber sans grand regret l'idée d'être une super surfeuse : ma planche a passé l'été au garage, ou presque. Il y a eu tellement de monde dans l'eau que j'avais des sueurs froides à l'idée d'éborgner quelqu'un avec ma planche en mousse. Mon tapis de yoga n'a pas beaucoup été déroulé, et mon matos d'escalade attends patiemment que je m'y remette (c'est prévu !) ; en fait, j'ai surtout passé beaucoup de temps dans l'eau, et quelques heures, aussi, à rechausser avec précaution mes baskets de course, qui prenaient la poussière depuis presque deux ans. A l'époque, j'avais enchaîné les blessures et j'en avais été quitte pour un certain ras-le-bol ; mais ici c'est différent, et ce serait quand même bien que je me bouge un peu ...

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... car pour en revenir au sujet principal de ce blog (est-ce-que quelqu'un suit toujours ?), il se pourrait bien que quelque chose se prépare pour septembre. Ce ne sera pas la Grande Traversée des Alpes (un jour !), mais ça devrait quand même être très bien, et dans les montagnes, surtout. Après trois mois à ne pas trop bouger (avec bonheur) de mon bord de l'eau, j'ai forcément très hâte d'être dans les Alpes, de retrouver mes habitudes de rando, d'enfiler mes chaussures de trail toutes neuves (eh oui, j'ai sauté le pas, comme une ultralighteuse aguerrie : fini le Gore-Tex ! so long, old friend), de me frotter un peu au dénivelé, de dormir au milieu de nulle part, de n'avoir comme souci que le prochain point d'eau et le prochain refuge, et même de manger des flocons d'avoine au petit dèj'. J'ai hâte !

Je vous retrouve normalement très bientôt, dès que j'en saurai un peu plus. En attendant, je retourne peaufiner mon lighterpack et faire le plein de mon parfum de ramen préféré (curry vert, au cas où quelqu'un aurait encore un doute). A la prochaine !

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Pornic, Pénestin : ici et ailleurs

Pornic

Pornic

Hello hello hello. Je vous écris de la terrasse de la crêperie du Phare ; comme tous les jours, j’ai oublié de me faire à manger (enfin pour être précise, ce matin, j’ai eu une petite panne de réveil), et aujourd’hui, j’avais un peu la flemme de pédaler pour retourner trouver une boulangerie ouverte. Donc : crêpes. Il y a pire pour une pause dej. Et j’ai oublié de prendre un livre, ce qui me donne l’occasion de commencer enfin cet article ; je le repousse depuis des jours, j’ai vite l’angoisse de la page blanche sur mon ordinateur. C’est moins intimidant ici. 

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Tout va toujours bien dans mon bout du monde. « La saison » a commencé et pour la première fois de ma vie, je suis côté local, et pas touriste ; jusqu’à dimanche, le monde se souhaitait bonne saison et j’ai l’impression d’avoir été admise dans le club. Je continue à bosser dans le job-d’été-le-plus-cool-du-monde et à tester à peu près tout ce qu’il existe dans le pays bigouden. On s’est bien marré l’autre jour sur les paddles du centre nautique de l’Ile Tudy, et je suis allée faire un saut aux Glénans la semaine dernière ; j’étais loin d’être toute seule, mais une après-midi dans ces eaux caribéennes valait bien le bain de foule.

A propos d’activité nautique, le vent tarde à se lever par ici, ce qui est vraiment exceptionnel. Ma planche n’a pas bougé du garage. En même temps, ce n’est qu’une chose parmi tant d’autres ici qui sont soumises aux aléas du temps, aux horaires des marées, et plus généralement au bon vouloir de la nature. Croyez-moi, quand on a plutôt l’habitude d’avoir sa vie régie par le bon vouloir de la RATP, c’est parfaitement délicieux. Sauf bien sûr quand le vent de terre se réveille et que je souffre un peu sur mon petit vélo ... 

Aux Glénans

Aux Glénans

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J’avais loué une voiture pour mes premières semaines ici et je me suis empressée de lui présenter les ruelles un peu étroites (un peu striz, comme on dit ici) de Kérity et les poteaux électriques qui vont avec. Bilan : toute la portière arrière à refaire, malgré une vitesse de pointe à 2km/h. J’aurais dû me douter que c’était vraiment une très mauvaise idée de me confier une Twingo flambant neuve ... Toute ma caution y est passée. Ambiance. Je savais bien que j’aurais mieux fait de continuer à me déplacer à pied. 

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Ceci étant dit, tant qu’à faire, je l’ai rentabilisée au maximum : elle m’a accompagnée à deux reprises un peu plus à l’est ... Il y a quelques semaines, les cheveux encore trempés de mon après-midi à la plage, j’ai commencé par aller retrouver mes copines à Pornic, comme tous les ans depuis 2017. Même si j’ai passé trois ans à Nantes, je ne connaissais pas Pornic avant que Maud nous y emmène. C’est notre rendez-vous de l’été, et nous ne changeons ni de logement, ni de programme, ni de menu. Cette année encore, on a donc traîné nos sandales à la plage, mangé des moules-frites et des glaces à la Fraiseraie, conclu deux parties de belote sans presque s’engueuler, et bouquiné sur la terrasse. Comme d’habitude, c’était parfait, et j’ai introduit à l’approbation générale la seule révolution du week-end en délocalisant le rosé piscine, ce truc de parisien, en Loire-Atlantique. Adopté pour les prochaines. 

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LEs dorades !

LEs dorades !

La semaine dernière, à la faveur d’un dimanche non travaillé, j’ai fait un aller-retour express dans le Morbihan pour aller voir des copains. C’est une maison dont mes souvenirs remontent à une autre époque, et je suis toujours aussi contente d’y retourner ; c’est le genre de choses que je ne tiens plus pour acquises - les maisons en bord de mer, les barbecues dans le jardin, les volets bleus qui s’ouvrent sur les hortensias encore dans l’ombre du matin. Merci Lucille, Mathieu, pour les dorades bien cuites et les crevettes fraîchement pêchées, les baignades du dimanche matin et les rigolades à la tombée de la nuit. Vivement les prochaines. 

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Mes podcasts en rando (+ quelques nouvelles d'ici)

Bonjour tout le monde ! Me revoilà pour des nouvelles (si vous êtes venu pour les podcasts, c’est plus bas !). Ca fait presque une semaine que je suis arrivée à Pors Carn et tout va bien. J’ai loué une voiture pour les deux premières semaines histoire d’être un peu autonome et je découvre à quel point on va vite quand on n’est pas à pied. La BioCoop la plus proche est à quelques kilomètres, le long d’une départementale, ce qui deviendra compliqué quand je devrai y aller à vélo … C’est la parabole du livreur de tofu (c’est une coïncidence, mais c’est précisément ce que j’étais venue y acheter). Je l’ai découverte via Mona Chollet dans Chez soi, où elle cite un article d’Augustin Berque dans le Monde Diplo, dont je reproduis un extrait ici et que je vous laisse méditer.

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“C'est ce que l'on peut illustrer par la parabole du livreur de tofu. Prenez une ville traditionnelle, bien compacte, avant la diffusion de l'automobile. Cent habitants y vont à pied acheter leur tofu au coin de la rue. Maintenant, prenez l'urbain diffus. Ces cent habitants y vivent chacun dans sa maison individuelle, isolée au bout d'une petite route au fond du paysage ; et chacun commande son tofu sur Internet. Il faut donc maintenant cent livraisons motorisées pour acheminer ces cent tofus au bout de ces cent routes. Quel est le plus écologique, la ville compacte ou l'urbain diffus ?”

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J’ai constamment les yeux rivés sur le Cap Sizun en n’arrivant pas à croire que j’ai fait tout ça, et bien plus encore. La maison est encore vide en ce début d’été ; je mets la musique à fond, et je suis allée chercher mon composteur qui trône fièrement dans l’arrière-cour. Bientôt ce sera le grand chambardement de l’été, donc j’en profite. J’ai commencé mon travail qui est sans aucun doute le job d’été le plus rigolo que j’ai eu de ma vie. Hier après-midi, temps radieux et planning vide, j’ai embarqué avec Didier pour aller voir les phoques aux Etocs (il restait des places sur le bateau) et surprise surprise, au milieu d’une chasse incroyable de fous de Bassan, on est tombés sur des dauphins … Trop de bol. Je n’ai pas encore été nager, à ma grande surprise : il faut dire qu’il y a une grande différence entre passer l’été à la plage et travailler toute la journée et se convaincre d’aller mettre autre chose que les pieds dans l’eau de Pors Carn.

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Bon, passons aux podcasts. J’en écoute beaucoup dans la vie en général et évidemment j’en ai beaucoup écouté pendant la rando. Ci-dessous, ma sélection forcément subjective …

En français :

  • Le masque et la plume : ce n’est une découverte pour personne, c’est une des émissions cultes de France Inter ; j’ai beaucoup assisté aux enregistrements quand j’étais en prépa et c’est presque aussi bien à la radio. Je suis rarement leurs recommandations car je ne suis pas une grande cinéphile mais j’ai découvert des livres formidables et surtout, l’émission est passionnante quoi qu’il arrive.

  • Les couilles sur la table : J’en ai déjà parlé sur le blog. Ce super podcast produit par Binge Audio explore les masculinités du point de vue du genre ce qui, si comme moi vous avez beaucoup lu sur les questions de féminisme, permet de voir les choses sous un angle différent. Victoire Tuaillon est une excellente animatrice et je vous conseille en particulier l’épisode avec Manon Garcia, Ce que la soumission féminine fait aux hommes, qui a révolutionné ma vie (rien que ça).

  • A bientôt de te revoir : Encore un podcast Binge Audio. Celui-ci est animé par Sophie-Marie Larrouy ; ce sont des émissions enregistrés en public avec un invité, plus ou moins connus. Je vous préviens, ne vous attendez pas à de longs entretiens intimistes : en général les questions n’ont ni queue ni tête mais pour peu que vous aimiez l’humour absurde, c’est très, très drôle.

  • Un podcast à soi : Produit par Arte Radio et présenté par Charlotte Bienaimé, ce sont de longues émissions (1h) qui explorent en profondeur un thème lié au(x) féminisme(s) : la vieillesse, le sexisme ordinaire, le sport … Je vous conseille en particulier celui sur les violences obstétricales. Bon évidemment : c’est rarement joyeux, et celui-ci est assez dur, mais essentiel, et toujours émaillé de lectures de textes très bien choisi.

  • Transfert : un désormais classique de Slate où une personne raconte une histoire incroyable, émouvante, drôle, tragique … On n’entend pas du tout la voix des producteurs, sauf au début. Les épisodes sont de qualité inégale, je trouve que globalement ceux du début étaient mieux et ils dépendent beaucoup du charisme de la personne interrogée mais certains valent vraiment le coup.

  • Les pieds sur terre : made in France Culture, vous avez des années et des années d’archives à rattraper si vous ne connaissez pas ! Là aussi, on entend très peu la voix des producteurs, qui laissent s’exprimer les personnes à qui ils tendent le micro, ce qui est vraiment trop rare. Leur série “Le grand frisson” était particulièrement intéressante.

En anglais :

  • This American Life : là non plus, je ne vais pas révolutionner votre vie, il s’agit sans doute d’un des podcasts américains les plus populaires ! Présenté par Ira Glass, il explore un thème chaque semaine, avec quelques variations : en général des reportages d’une vingtaine de minutes, parfois des fictions ; ça peut être très drôle comme très touchant. Ils ont des intervenants parfois prestigieux : je vous conseille par exemple l’épisode de Noël avec David Sedaris qui est à mourir de rire.

  • How I Built This : Un podcast de Guy Raz qui a pris énormément d’ampleur, où il interviewe des entrepreneurs sur leurs histoires et ce qui a fait leurs succès (ou pas !). Là, le présentateur a un vrai rôle et même s’il laisse la place aux personnes interrogées, ses questions permettent de les pousser dans des réflexions intéressantes.

  • Wait Wait… Don’t tell me ! : Cette émission de la NPR est en fait un quiz sur les événements (américains) de la semaine qui vient de s’écouler, en général politiques mais pas seulement. Il y a plusieurs participants / contributeurs (“panelists” en VO) et un invité plus connu : c’est immanquablement très drôle et forcément instructif.

  • Serial & The Dropout : Ce sont deux podcasts très différents mais très bons pour le binge-listening : le premier (dont il faut surtout écouter la première saison) suit un cas judiciaire passionnant et le second raconte l’histoire d’Elizabeth Holmes, qui avait fondé la startup de medtech Theranos - qui s’est révélée être une arnaque géante.

  • Backpacker Radio : à réserver à ceux qui, comme moi, sont un peu obsédés par les sentiers de la Triple Crown américaine (Appalachian Trail, Pacific Crest Trail, Continental Divide Trail) et qui n’ont pas peur d’entendre parler de gear, parfois pendant de longues minutes. Ce sont des émissions de parfois 2h avec des invités prestigieux dans leur domaine : Andrew Skurka, Heather Anderson, Scott Jurek … Si ces noms ne vous disent rien, passez votre chemin, mais dans le cas contraire : foncez !

N’hésitez pas si vous avez des recommandations de votre côté !