Le GR738 : premiers retours

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Me revoilà ! Ca fait quelques jours que j’ai remis les pieds sur la terre ferme - je veux dire au bord de l’eau, loin des montagnes - et il est temps que je vous parle un peu de ce GR738 avant de tout oublier. Avant de me lancer dans le récit détaillé (ce qui vous attend : des larmes ! du sang ! de la tarte aux myrtilles !), je me suis dit que j’allais rebaliser tous les éléments “pratiques” de ce GR que j’ai adoré. Si j’oublie quelque chose, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires.

  • L’itinéraire

C’est le moment de ressortir mes bons vieux tableurs Excel ; ils sont en accès libre juste ici. Les données sont issues du site MonGr. Ci-dessous, le découpage “officiel” de la Fédération de randonnée ; j’ai rajouté les km-effort sur demande expresse d’un intéressé (faut pas chercher). J’avais volontairement mis tous les points de chute possibles au cas où on avait besoin de décaler une étape.

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Et ci-dessous, le parcours tel qu’on l’a réalisé :

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Deux grosses journées, donc : le vendredi, avec un parcours relativement facile au niveau des sentiers mais de gros dénivelés ; et le dimanche, moins costaud sur le papier mais qui nous a fait passer par des pierriers d’anthologie qui ont failli avoir raison de ma santé mentale. C’est cette étape que nous avons finalement doublée : pas trop le choix puisque le refuge des 7 Laux était fermé, sans partie hivernale accessible.

Globalement, j’ai plutôt bien tenu le coup ; je dois quand même dire que même en ayant potassé les topos et fait des jolis tableaux Excel, j’étais vraiment très loin de me rendre compte de ce que représentent vraiment 1000m de D+ à monter ou à descendre. J’étais à l’ouest, quoi. Ne faites pas comme moi : si ce GR vous intéresse, par pitié, allez vous dégourdir les jambes dans un peu de dénivelé histoire de comprendre ce qui vous attend.

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  • La météo

On a eu beaucoup de chance. Je ne me rendais pas du tout compte du risque que je prenais en suggérant “les Alpes début octobre” comme plan : j’étais persuadée que comme c’était - désolé - le Suuud, il n’y aurait aucun problème. Au total, il y a eu deux vrais jours de mauvais temps (au début et à la fin) : ils m’ont donné un aperçu remarquablement efficace ce qu’auraient pu être mes petites vacances : L’ENFER. Non, vraiment, l’enfer. On s’est retrouvés coincés dans des espèces de nuages de pluie horribles, du genre à te saper le moral et à tremper jusqu’aux chaussettes en cinq secondes. Il se trouve qu’à part ces deux demi-journées ignobles, il a fait vraiment très beau, avec des températures très clémentes, même tôt le matin. Verdict ? Je ne sais pas si je recommanderais du coup de faire la même chose. C’était un coup de poker, mais qui a largement payé : on a été très tranquilles sur le parcours et dans les refuges, et le tout en grande partie sous le soleil.

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  • Les refuges / hébergements

J’ai fait un onglet dédié dans le Drive. Pour moi qui n’avais jamais fait de randonnée en montagne, les refuges ont été une découverte. J’ai encore une fois eu beaucoup de chance : sur 6 nuits passées en refuge, nous en avons passées 4 seuls, 1 où on a partagé le refuge avec un photographe (de très mauvaise humeur) et 1 dans un refuge gardé où séjournaient quatre autres personnes - sachant qu’il y avait de la place pour peut-être 30, on ne s’est pas exactement marché sur les pieds . Il faut y rajouter la première nuit, dans des yourtes (gîte d’étape) au Pontet et une nuit en chambre d’hôtes à mi-parcours. Celle-là était plus que nécessaire, mais j’y reviendrai dans le prochain article. Les refuges, donc : si on a été aussi épargnés par la foule, c’est parce qu’on est partis fin septembre, que la météo était incertaine et parce que les refuges n’étaient plus gardés, à part l’Habert d’Aiguebelle (coup de bol). On est donc partis en autonomie pour la nourriture, avec un ravitaillement prévu à mi-parcours. Ceci étant dit, même sans être gardés, les refuges qu’on a vus étaient globalement charmants, chaleureux, et bien entretenus. Exception notable pour le refuge du Claran, qui a certes le mérite d’exister et d’être ouvert mais qui m’a un peu foutu les boules (ambiance : vieux trucs qui traînent partout et tâches d’humidité au plafond). J’ai encore mieux dormi dans les refuges gérés par la formidable association Tous à poêles, dont je reparlerai : je les adore, et pas seulement parce qu’ils font du très bon boulot et que le nom de l’asso est à mourir de rire. Leurs “cabanes bichonnées” sont hyper chouettes. Je l’avais évoqué dans mon article précédent mais en partant en début ou fin de saison, il faut vraiment mieux appeler les gardiens pour voir où ils en sont : les 7 Laux devaient être ouverts jusqu’au 30 septembre, mais ont fermé plus tôt cette année, idem pour la Martinette, etc.

  • Le matos

Pour rappel, ma liste complète est juste ici. Je crois qu’on est sur un quasi-sans-faute ! J’avais comme d'habitude quelques redondances : je n’ai pas eu besoin du shampoing, sans blague, ni utilisé ma palette d’aquarelle après le trajet aller (par contre j’ai religieusement rempli mon carnet et je n’ai plus qu’à l’illustrer). J’aurais peut-être pu me passer de ma polaire, mais elle m’a tout de même bien servi en couche “active” : pas super envie de randonner en doudoune. En fait, j’aurais surtout dû prendre un 2ème tee-shirt ; ce qui était faisable sur le GR34 (où je prenais des douches tous les soirs pour un niveau d’effort physique nettement moindre) m’a clairement dérangée sur celui-ci. Même en lavant mon teesh’ dans les torrents / lavabos de passage et en me glissant mon pyjama à la seconde où je passais la porte du refuge, c’était assez désagréable. La seule pièce neuve de mon vestiaire, mon legging de rando, m’a plutôt donné satisfaction, même si lors de longues journées de montées / descentes il avait tendance à redescendre (= le truc le plus énervant du monde). Ça reste un excellent legging-tout-court, que je porte encore à l’instant où je rédige ce post, ainsi qu’à chaque occasion possible (#enboucle). Bon, sinon, rien à signaler ; tout a fonctionné correctement et - remercions collectivement l’univers - nous n’avons pas eu à déplier la tente qui, pour rappel, était prévue pour une personne et non deux.

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  • La nourriture

J’avais commandé une variété délirante de ramens pour cette rando. Evidemment, je n’en avais goûté aucune avant de partir et évidemment, j’avais comme d'habitude pris des trucs ultra-pimentés ou méga-bizarre (poulet pimenté carbonara, anyone?). Je ne peux pas dire que ça a été un succès incroyable mais c’était loin d’être mauvais. Juste un peu … exotique. Stratégie inverse : Guilhem avait pris cinq paquets de la même variété de ramens, ce qui me semble terriblement monocorde !!! mais je dois bien reconnaître qu’au moins, c’était bon … de manière constante. J’ai mangé sans grand enthousiasme du porridge tous les matins, jusqu’au moment où nous avons fait le ravitaillement et - zut alors - j'ai dû me contenter de manger des Prince pour le petit dèj’ - sans différence flagrante, à mon sens. A partir du ravito, on a de toute façon dû faire avec ce qu’on a trouvé dans la mini-épicerie soit, en gros, des pâtes bolo.

  • L’eau

Si, au début du parcours, nous avons trouvé des sources potables sans problème, ça s’est moins vérifié lors de la deuxième partie, avec des sources à sec ou des alimentations d’eau fermées. J’avais pris des pastilles purifiantes Micropur qu’on a utilisées avec l’eau des torrents : rien à signaler, pas même de goût de javel, c’était nickel.

Et voilà pour la partie pratique ! La suite arrive très vite, enfin disons la semaine prochaine : mes journées sont singulièrement chaotiques en ce moment, mais c’est pour la bonne cause.