Jour 13 : Plougrescant - Perros-Guirec

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Jour 13

🔥Date : 13 mai

🔥Distance : 33 km

🔥Départ - Arrivée : Plougrescant - Perros Guirec

🔥Briquet vs moi : 2-0

Je pars un peu plus tard que d’habitude ce matin - je suis en route vers 9h30. Je culpabilise deux minutes, avant de me rendre compte qu’au moins, je ne suis pas la dernière à partir : à quelques mètres du sentier, je croise un mec en train de défaire son bivouac. Mais ... eh oui, c’est bien mon ami au sac à dos de la veille. En slip, l’air mal réveillé, un keffieh blanc sur la tête comme si nous étions dans le Sahara (et pas dans les Côtes d’Armor). Il a installé sa tente canadienne XXL juste à côté du GR - et d’un panneau « interdit de camper ». Ah, ces jeunes ! Il me fait penser à Michael Scott dans cet épisode de The Office où il part dans la forêt muni uniquement d’un couteau suisse. Classique. Bon, j’arrête de faire ma vieille routarde avec mes deux semaines de rando dans les jambes, et j’y retourne ... 

Le sentier ce matin passe parmi des gros blocs de rocher, et c’est vraiment très beau. D’ailleurs j’arrive à un spot que j’avais repéré sur Google il y a des mois je ne sais plus comment - cette jolie maison entre deux rochers. Ce n’est pas la seule qui utilise la roche comme ça, mais c’est vrai que c’est joli, et surtout je ne reviens pas d’être arrivée jusqu’ici !!

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10h30 : j’ai faim. Encore et toujours. Il y a longtemps que j’ai abdiqué et que je fais des pauses saucisson en milieu de matinée si j’en ressens le besoin, mais c’est assez étrange de changer de mode d’alimentation comme ça : déjà, je mange beaucoup de charcuterie. Chez moi, ça fait des années que je n’achète plus de viande, même si j’ai continué à en manger à l’extérieur ; c’est un peu bizarre, du coup. Je précise qu’il est totalement possible d’être végétarien en randonnée, mais je n’ai pas la volonté de remplacer ce que la charcuterie amène aussi facilement (des protéines, des calories, du sel). C’est l’autre truc étrange : c’est un changement de paradigme complet de se mettre à chercher les aliments avec le plus de calories. Si on est une fille dans un pays occidental, on a forcément appris, un jour ou l’autre, à faire exactement le contraire (et je parle du point de vue de quelqu’un de privilégié à ce niveau-là) ; c’est assez renversant. 

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Je continue mon exploration du Trégor : l’eau est turquoise et les paysages magnifiques. C’est la première fois que j’ai vraiment envie de me baigner. Je vois aussi quelques plages où les vagues ont l’air chouette ; si j’en crois mes conversations de télésiège de cet hiver, il devrait y avoir quelques spots de surf sympas dans le coin. On verra. 

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Bon, par contre, c’est beaucoup plus touristique : ça veut dire plus d’infrastructures (de toilettes !) mais aussi plus de gens (je recroise mon ami enturbanné au moins 5 fois dans la journée) et zéro possibilité de bivouac (on aura compris que si c’est pas SAUVAGE, je n’y vais plus). 

Je passe donc un premier camping en me disant que je vais plutôt viser celui d’après, qui est au bord d’une plage de sable - pour l’instant, c’est surtout des galets qui donnent du fil à retordre à mes chevilles - histoire de pouvoir enfin aller me baigner. C’est marrant, avant de venir ici j’avais imaginé que j’irais nager tous les jours ... en fait, la perspective de remettre des fringues sur une peau pleine de sel et de continuer à randonner ne m’attire pas du tout. Enfin ceci n’a aucune importance, puisqu’à peine ai-je dépassé le camping numéro 1 qu’un vilain vent du Nord se lève. Je n’ai plus du tout envie de me baigner. Je n’ai pas non plus envie de faire demi-tour, donc je persévère vers le numéro 2, mais l’arrivée à Perros Guirec me parait interminable. 

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Finalement, le vent se calme un peu quand j’arrive, mais j’ai fait 33km et je n’ai aucune envie de ressortir ne serait-ce que mettre les pieds dans l’eau. Tant pis, j’abandonne et je prépare mon dîner - et c’est là que mon briquet me lâche pour de bon. Évidemment, je ne veux pas ressortir pour trouver un hypothétique tabac mais me croirez-vous ? J’ai un flash, et je cours jusqu’au bloc sanitaire où m’attend, sagement posé près d’un bac à linge, un briquet. Qui marche. Et que je m’approprie, considérant que c’est un cas de force majeur et que c’est pour tous ceux que j’ai perdus en soirée (c’est à dire pas tant que ça, puisque je ne fume pas, mais l’argument me plait bien). Mes pâtes seront cuites !! Demain, je devrais voir le fameux granite rose ...

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