Jour 42 : Sainte-Anne-la-Palud - Le Tréboul

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Jour 42

👀Date : 11 juin

👀Distance : 17,5 km

👀Départ - Arrivée : Sainte-Anne-la-Palud - Le Tréboul

👀Recherche du kouign-amann : in progress

Il a plu ... toute la nuit. Et toute la matinée, aussi. J’ai eu un léger répit à 7h, mais ça a repris de plus belle juste après. Bon. Quand c’est comme ça, je n’ai auuuucune envie de quitter ma tente, surtout que je voyais bien que c’était parti pour durer (spoiler : effectivement). J’ai mollement réussi à me motiver pour tout ranger : dans ces cas-là je mets tout dans mon sac et j’accroche en dernier la tente à l’extérieur (d’habitude elle va à l’intérieur) avant de tout recouvrir avec la protection pluie. C’est quasiment le même effort qu’en temps normal, mais allez savoir, j’ai toujours l’impression que ça va me prendre des heures. J’ai fini par décoller à presque 11h, parée comme il se doit de mes plus beaux habits de pluie. Je blague, mais ce pantalon Décathlon me sauve tellement la vie que je vais finir par lui vouer un culte. 

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C’est presque marrant ce matin, avec cette pluie incessante je suis toute seule sur la plage et en plus, pour une fois !!! : j’ai la vent dans le dos. Personne pour m’entendre écouter Queen et m’époumoner sur Don’t stop me now: le truc, c’est d’avoir l’air d’y croire en le chantant. I’m having such a good time, I don’t wanna stop at alllll! Oh non pas du tout ! Je ne préférerais pas, par exemple, être dans un endroit où, au hasard, mes chaussures ne deviendraient pas deux éponges géantes dès que je croise une fougère. Je rencontre des pêcheurs qui remonte de leur partie matinale et qui me font voir leurs prises : des daurades. Au moins leur matinée aura été efficace. Ils ont l’air de s’en être pris plein la figure aussi mais comme me fait remarquer l’un d’eux : « c’est ça, la Bretagne ». Alors, je suis bien d’accord avec lui ; d’ailleurs je me suis répétée cette même phrase toute la matinée en pensant aux inévitables commentaires que j’allais entendre sur la Bretagne au mois de juin ; mais enfin là je dois dire que j’accuse un peu le coup, surtout que le vent a tourné (vers moi) et qu’un énorme nuage embrume Douarnenez et la Pointe du Raz. L’avenir est radieux. 

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Je finis par arriver sur le charmant port de Douarnenez. J’ai marché à ce stade à peu près 100 km de moins que les estimations de la fédération de randonnée (j’étais à -25 à Morlaix, -70 au Faou). Explications : les 30 km que j’ai sautés entre Plougastel et le Faou, les 5-6 en voiture au niveau de Plonéour-Trez, et le reste vient des coupes que je m’octroie par ci par là (par exemple la Pointe de Roscanvel) ou, j’imagine, de l’imprécision de mon podomètre (= mon téléphone) vs ceux de la FFR. Ceci étant dit, au global, j’en suis à 925 km cumulés ... bientôt les 1000 ! Voilà pour le point stats. J’ai bien besoin de réconfort en arrivant à Douarnenez car j’ai vraiment passé une matinée exécrable et j’ai, est-ce bien utile de le préciser, les pieds trempés. Je trouve une crêperie excellente (Le goûter du Breton, pour ceux qui passeraient ici) et prête à servir à une affamée deux galettes (saucisse-moutarde-oignons et pruneaux-lard-chèvre, désolé si je vous donne faim). Et une crêpe en dessert. J’aurais pu rester là toute l’après midi et enlever mes chaussettes mouillés (ah non, ça c’était déjà fait) mais ils ferment. Je mets mes chaussettes sèches pour continuer même si c’est absurde car mes chaussures vont forcément tout imbiber. Mais remettre les autres, c’est au dessus de mes forces. 

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Il fait encore bien moche quand je repars et franchement je n’ai pas le courage d’aller chercher un camping pour ce soir, surtout que tout est trempé et qu’il va falloir que je réorganise mon plein de nourriture (au passage, je jette des quantités folles d’emballages en permanence, pas très zéro déchet cette rando). J’abdique et je réserve un hôtel au Tréboul, de l’autre côté du ria. Celui de Douarnenez (de port) a été un des plus actifs de France, pour la sardine, et on y trouve un musée et une médiathèque qui doivent être passionnants. Mais encore une fois : j’ai du mal à m’enthousiasmer assez pour aller les visiter. Surtout avec tout mon matos qui me dégouline dessus. Wikipedia m’informe que c’est ici qu’a été inventé le kouign-amann, ce qui par contre pourrait me réveiller un peu, mais toutes les boulangeries doivent ouvrir à 15h ; il est 15h30 et les rideaux sont désespérément clos. Bon, j’abandonne (je veux dire que j’y retournerai demain matin, hein, je n’abandonne pas comme ça le kouign-amann originel) et je vais à l’hôtel. 

Et là, surprise : on m’y informe que j’ai été surclassée ! C’est le genre de trucs qui ne m’arrive jamais, mais là, tenez vous bien, j’ai une suite. Bon, comme de base je n’avais pas réservé au Ritz, la deco ressemble à celle d’un vieux catalogue de meubles (vous voyez le genre où le canapé est assorti à la table basse qui est assortie à la console, etc). Mais évidemment je m’en fous : ce qui compte c’est que j’ai une pièce en plus pour étaler tout mon bazar et faire sécher mes affaires. Mes chaussures y sont donc depuis 16h, il est 22h et elles sont encore complètement détrempées. Soupir. Enfin bon, ça devrait aller mieux demain ; en plus le ciel s’est enfin découvert ce soir, et je devrais aborder la Pointe du Raz dans les conditions qu’elle mérite. Et avec du kouign-amann. 

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