Jour 38 : Lanvéoc - Camaret-sur-Mer

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Jour 38

🐸Date : 7 juin

🐸Distance : 11 km

🐸Départ - Arrivée : Lanvéoc - Camaret-sur-Mer

🐸C’est la fête : à la grenouille

Réveil tardif ce matin ; il s’est mis à pleuvoir des cordes cette nuit et ça n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. Ni à 6h, ni à 7h, ni à 8h ... Je finis par prendre mon café avec la toile de la tente encore fermée. Au bout d’un moment, il faut se rendre à l’évidence : c’est parti pour durer. Marc finit par se réveiller (moins matinal aujourd’hui !!) et on élabore un plan d’attaque. Je réserve un hôtel pour le soir même, à Camaret, qui est à environ deux heures de marche. C’est peu, mais les prévisions sont désastreuses, et ce satané Miguel se déchaîne. 


Le temps de replier les tentes (sous le bâtiment qui sert de lavoir au camping, et où tout le monde a trouvé refuge - y compris un couple de cyclistes qui ont eux fini leur journée, la chance), il est déjà 11h. Il faut dire que ça ne donne vraiment pas envie de sortir ; la pluie a l’air de s’intensifier au fur et à mesure. La propriétaire (adorable) du camping me suggère de faire du stop et j’aurais sans doute dû l’écouter, mais on a fini par partir à pieds quand même. Et là je dois vous dire que toutes les journées de « pluie » que j’ai eues jusqu’ici n’ont été que des petits entraînements gentillets pour ce qui a suivi. 

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Ce matin, c’était dans les sentiers de campagne (car oui, ça fait plusieurs jours qu’on est sur la presqu’île et les sentiers ne sont toujours pas en bord de mer - et je me sens horriblement mal vis à vis de Marc, qui est venu pour voir autre chose que ça et qui en plus se tape un temps horrible), de la pluie sans répit qui transperce les Kway et qui transforme les chemins en champs de boue. L’eau qui dégouline sur les mains sans rien pour les essuyer, évidemment. Les chaussures déjà humides qui deviennent trempées. Les plantes qu’il faut éviter en permanence sous peine d’en rajouter une couche. Etc. Au bout d’un moment, ce qui devait arriver arriva : le sentier n’est plus un champ de boue, c’est carrément un ruisseau. Un vrai ruisseau, avec de l’eau qui nous arrive au dessus des chaussures, du courant, et évidemment pas d’alternative pour l’éviter : la seule solution, c’est de marcher dedans. On l’aura compris, je ne suis pas particulièrement à l’aise avec des fringues mouillées et des chaussures détrempées mais on n’a pas le choix. Donc c’est parti. Ça ne dure pas longtemps, mais suffisamment pour que je flippe un peu en glissant sur les cailloux au fond du ruisseau (que je ne vois pas évidemment car c’est plutôt un torrent de boue qu’une eau cristalline) : si je me retrouve dedans, ça va vite devenir très compliqué. 

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On finit par couper toute la pointe de Roscanvel - de toute façon on ne voit rien et par se retrouver en front de mer, à quelques kilomètres de Camaret. Et là, double effet kiss cool : certes, on voit (enfin) la mer, mais il y a un vent horrible dès qu’il y a une brèche dans la haie qui nous en protège. Bref, je vous épargne la litanie des souffrances : on finit par arriver à l’hôtel après quelques heures de marche sans pause, dans un état assez lamentable. Marc prend le lit simple et me laisse le lit double, trop sympa, alors que franchement il aurait mérité de le récupérer : il a des ampoules et des douleurs aux jambes. Moi étonnamment, ça va bien, même si j’ai serré les dents pendant deux heures. Ça va encore mieux après une douche chaude et en ce qui me concerne, ce que je sais faire de mieux : une sieste. Marc regarde Roland-Garros mais je suis complètement KO. 

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Le temps a fini par se calmer en fin d’après-midi ; on est donc sortis de la chambre, qui ressemble à un séchoir géant (heureusement le gérant de l’hôtel a gentiment pris Kways et chaussures pour les faire sécher dans la chaufferie) pour aller manger une crêpe sur le port où on avait l’impression que rien ne s’était passé - si ce n’est une flaque ou deux qui subsistaient. Demain devrait être un autre jour et franchement, j’espère : non seulement parce qu’on est en train de louper des paysages incroyables et aussi parce qu’il faut quand même que j’avance : je commence à entendre le compte à rebours ...

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