L'heure de la rentrée

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1er septembre. J'ai du mal à y croire. Comme tous les ans, l'été m'a filé entre les doigts. J'ai eu beau m'accrocher aux jours pour essayer de les retenir, ce fut parfaitement inutile, et voilà : c'est l'heure de la rentrée. Ici, les agapanthes se sont fanées peu à peu, et les chemins ont pris la couleur ocre du du fenouil sauvage en fleur. Les soirées interminables de mon début d'été se sont vite raccourcies ; j'habite pourtant au bout du monde, dont l'un des avantages - et non des moindres - est de faire durer les couchers de soleil plus longtemps qu’ailleurs. Il n'empêche ; un jour, j'ai levé la tête, il était 22h, et il faisait nuit : j'ai eu du mal à y croire.

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Evidemment, je suis d'autant plus réticente à voir arriver l'automne que mon été s'est déroulé aussi bien que possible, et mieux encore. Finalement, j'ai assez peu été toute seule dans cette grande maison ; il y a toujours eu du monde, des copains, de la famille, des parties de Catane sous le cyprès, de longues heures sur la plage à rassembler le courage d'aller dans l'eau, des fest-noz près du phare, des apéros au Nautilus, des rigolades à n'en plus finir et puis, aussi, des après-midi passées à dévaliser les rayons de la librairie Ravy en excellente compagnie. J’ai été tellement heureuse et, plus que jamais, consciente de la chance que j’ai de pouvoir vivre ici et d’avoir des copains adorés prêts à faire autant de kilomètres pour venir me voir. Comme le dit ma voisine : c’est le paradis sur terre, ici.

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Je travaille encore quinze jours ici. Ce sera bien, ni trop, ni pas assez ; c'est sans doute trop tôt pour faire le bilan, mais j'ai adoré ce job, et cet été, et je me remercie silencieusement tous les jours de m'être fait confiance et d'avoir pris la décision de partir. Il se passe des choses formidables lorsqu’on décide d’écouter vraiment ce que nous dicte notre instinct ; cette décision un peu dingue de faire le GR34, et d’en faire un blog, tout ceci a, encore aujourd’hui, des conséquences positives qui continuent à me surprendre.

Après la fin de mon contrat ... l'avenir est encore un peu flou. A la faveur d'un aller-retour un peu cauchemardesque pour passer des entretiens à Paris, j'ai tout de même fini par me rendre compte que toutes les choses que je considérais comme absolument nécessaires, obligatoires, il-faut-en-passer-par-là ne l'étaient sans doute pas. D'autant que j'ai la chance de faire un métier qui peut s'exercer partout où il existe des sites internet soit ... partout.

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J'ai laissé tomber sans grand regret l'idée d'être une super surfeuse : ma planche a passé l'été au garage, ou presque. Il y a eu tellement de monde dans l'eau que j'avais des sueurs froides à l'idée d'éborgner quelqu'un avec ma planche en mousse. Mon tapis de yoga n'a pas beaucoup été déroulé, et mon matos d'escalade attends patiemment que je m'y remette (c'est prévu !) ; en fait, j'ai surtout passé beaucoup de temps dans l'eau, et quelques heures, aussi, à rechausser avec précaution mes baskets de course, qui prenaient la poussière depuis presque deux ans. A l'époque, j'avais enchaîné les blessures et j'en avais été quitte pour un certain ras-le-bol ; mais ici c'est différent, et ce serait quand même bien que je me bouge un peu ...

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... car pour en revenir au sujet principal de ce blog (est-ce-que quelqu'un suit toujours ?), il se pourrait bien que quelque chose se prépare pour septembre. Ce ne sera pas la Grande Traversée des Alpes (un jour !), mais ça devrait quand même être très bien, et dans les montagnes, surtout. Après trois mois à ne pas trop bouger (avec bonheur) de mon bord de l'eau, j'ai forcément très hâte d'être dans les Alpes, de retrouver mes habitudes de rando, d'enfiler mes chaussures de trail toutes neuves (eh oui, j'ai sauté le pas, comme une ultralighteuse aguerrie : fini le Gore-Tex ! so long, old friend), de me frotter un peu au dénivelé, de dormir au milieu de nulle part, de n'avoir comme souci que le prochain point d'eau et le prochain refuge, et même de manger des flocons d'avoine au petit dèj'. J'ai hâte !

Je vous retrouve normalement très bientôt, dès que j'en saurai un peu plus. En attendant, je retourne peaufiner mon lighterpack et faire le plein de mon parfum de ramen préféré (curry vert, au cas où quelqu'un aurait encore un doute). A la prochaine !

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