Jour 8 : Binic - Saint-Quay Portrieux

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Jour 8

🧼Date : 8 mai

🧼Distance : 14 km

🧼Départ - Arrivée : Binic - Saint-Quay Portrieux

🧼Lessive : FAITE !!

Je me suis réveillée de bien mauvaise humeur après une nuit passée à écouter tomber la pluie en me disant que j’allais passer un sale quart d’heure quand il faudrait ranger la tente le matin. J’avais terriblement mal choisi mon spot de bivouac (note à moi-même : un sous-bois humide alors qu’il va pleuvoir toute la nuit ? Vraiment ???) et bingo : j’ai passé un sale quart d’heure. Je ne me suis pas attardée là et j’ai foncé à la ville d’à côté, Binic, où j’ai trouvé (merci petit jésus) une boulangerie qui m’a vendu de quoi calmer mon infatigable appétit (tu m’étonnes que le GR34 soit une manne économique). 

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Ça allait mieux après avoir pris mon petit déjeuner - quoiqu’allumer mon réchaud pour me faire un café en évitant la crise nerf a tenu du miracle vu le vent qui soufflait. J’ai vu, sur le port, des types habillés en militaires et je me suis soudain souvenu qu’on était le 8 mai, ce qui n’a rien fait pour secouer ma motivation déjà vacillante. Je n’avais aucune envie de passer une deuxième nuit en bivouac, et il y a assez peu de campings sur la côte - j’avais le choix entre faire 30 km ou 15. Bon, je vous épargne le suspens : je me suis arrêtée à 15. 

Je culpabilise - je ne sais pas bien pourquoi mais passons - de faire aussi peu de kilomètres mais c’est la solution la plus raisonnable. J’ai donc pris mon temps sous les averses intermittentes : je crevais de chaud sous mon Kway pour me prendre, 2 minutes plus tard, des quantités incroyables de flotte sur le coin de la figure. Rinse and repeat. Rien à faire, à part attendre que ça passe et rester zen. 

chiaroscuro de sandwich (XXIe siecle)

chiaroscuro de sandwich (XXIe siecle)

Les cieux ont été bien aimables et m’ont accordé une demi-heure de pause histoire que je puisse déjeuner. Je voue une passion sans fin au combo café + sandwich, que je dois à Jim Qwilleran, le héros des polars « The Cat Who » de Lilian Jackson Braun - un ancien journaliste dont la commande au Press Club de Chicago était exactement celle-là. Et évidemment, pas un expresso : un bon vieux café filtre, avec un bon vieux sandwich. Je ne trouve ça quasiment nulle part, alors je suis bien obligée de me les faire toute seule. C’était délicieux, jusqu’au moment où mon café s’est renversé par terre et où les cieux ont décidé qu’il était temps de remballer tout ça - et zou, une énième averse. J’ai eu la nette impression de passer la matinée dans un car wash. 

portrait de l’artiste en son tunnel

portrait de l’artiste en son tunnel

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La bonne nouvelle, c’est que je suis arrivée indécemment tôt au camping ; j’y ai planté ma tente entre deux haies, pour limiter au maximum l’effet du vent qui devrait souffler ce soir. Il y avait également des machines à laver (youpi !) où j’ai lancé avec abandon l’intégralité de mes affaires - je vous écris donc vêtue d’un Kway et d’un pantalon de pluie (qui, soyons clairs, est un nom bien ambitieux pour désigner ce qui n’est qu’un sac poubelle avec deux trous pour les pieds). La classe intégrale. Depuis, je bouquine sous la tente (en entendant avec joie cette fois la pluie tomber ailleurs que sur moi) : un 8 mai comme les autres, finalement. 

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Jour 7 : Saint-Brieuc - Binic

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Jour 7

🍝Date : 7 mai

🍝Distance : 20 km

🍝Départ - Arrivée : Saint-Brieuc - Binic

🍝Pâtes du jour : carbo instantanées (beaurgh)


Je me suis réveillée en trombe dans mon grand lit king size à ... 7:40. Bonjour la grasse mat. C’est littéralement la première fois que ça m’arrive. Il faut croire que j’ai pris l’habitude ... Et il faut dire qu’un sale rêve m’a tirée du sommeil. Dans ces cas-là, je suis bien contente d’avoir l’option « envoyer un texto à sa meilleure amie pour se plaindre d’un truc purement fictif créé par son subconscient », et de recevoir, à même pas 8h du mat, exactement ce que j’avais besoin d’entendre. Je vous ai déjà dit que j’avais de la chance ? J’ai de la chance. 

Bon, il y a des trucs pires dans la vie que de paresser quelques heures avec un bouquin et un grand café. Je repars vers midi faire quelques courses : du baume à lèvres (j’ai compris après quelques jours que le sel m’attaquait littéralement le visage, je vais me momifier), Ouest-France bien sûr, et quelques provisions. Je dois me rendre à l’évidence : les Trésors de Kellogg’s ont autant de valeur nutritionnelle qu’un bout de carton (je sais, moi aussi ça me désole). J’ai faim à peine une demi heure après avoir mangé mon petit-dej, il est donc temps de changer de stratégie. J’attrape des crackers et une tablette de chocolat, on verra ce que ça donne. 

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Le centre ville de Saint Brieuc manque un peu de charme, et je n’en peux plus de ces cafés instagrammables qui se ressemblent tous, avec les mêmes menus en anglais (alors que je dois être la première touriste à mettre les pieds à Saint-Brieuc depuis 1912), « but first coffee », petite plante sur la table et tutti quanti. Je ne dis pas qu’il faut servir du kouign amann à tous les coins de rue, mais bon, ça me déprime un peu. 

Bon, j’arrête de me plaindre et je retourne sur le GR, où l’après-midi se passe tranquillement : il pleut par périodes, mais rien de trop intense. Je repense à ce proverbe anglais, « the trail provides » : à chaque fois que je commence à m’inquiéter sérieusement pour un truc (surtout l’eau), je finis par trouver un robinet. Magic !

Je commence la deuxième section du GR (la première étant Mont-Saint-Michel > Saint Brieuc). Elle devrait m’emmener à Morlaix en ... 15 jours. Ça me semble terriblement long et en regardant la carte hier j’ai eu un petit moment de panique, genre « rappelez moi pourquoi je fais ça déjà ?! ». Mais je vais y aller par jalons, et le premier m’attend dans quelques jours : Paimpol et l’île de Bréhat. Bill Bryson dit dans son récit de l’Appalachian Trail que seuls les marcheurs ont conscience de l’immensité des échelles planétaires ... 

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Pas trop de kilomètres aujourd’hui, d’autant que je veux monter la tente avant l’averse (s’il elle vient). C’est chose faite et je vous écris pour de vrai cette fois d’un trou de verdure où j’entends la rivière. Je vais lire l’édition du jour de Ouest-France (qui m’indique que l’alerte sur la disparition de la biodiversité est entendue ... mouais). Envoyez moi du soleil pour demain ! 

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