Jour 39 : Camaret-sur-Mer - Bouis (Crozon)

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Jour 39

☀️Date : 8 juin

☀️Distance : 21 km (sur le GR)

☀️Départ - Arrivée : Camaret-sur-Mer - Bouis (Crozon)

☀️Sunlight : tropical

Oh qu’il fait du bien ce beau soleil de bon matin. Pas si matinal que ça, car on a quelques courses à faire (quelqu’un, je ne dirai pas qui, doit racheter des pansements pour ampoules ...) et un café à prendre avant de partir, mais n’empêche : ça fait du bien. La météo est au beau fixe et mon moral aussi, du coup. On se met en route vers les falaises de Correjou, à la sortie de Camaret, et je suis aussi heureuse que possible : il n’y a pas grand chose que j’aime autant que de marcher comme ça, sous le soleil, dans le vent, st sur les falaises. On attaque enfin la plus belle partie de la presqu’île, celle que j’imaginais comme la cerise sur le gâteau du GR, et je ne suis pas déçue. 

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On passe tranquillement la pointe du Toulinguet et son sémaphore largement barricadé, qui gardait l’entrée de la rade de Brest. A ma droite : la pointe de Saint-Mathieu (et son sémaphore). A ma gauche : la pointe du Raz (et son sémaphore). Ce ne sont pas les infrastructures militaires qui manquent, et entre celles qui sont désaffectées et celles qui visiblement sont bien en service - et bien protégées - jai parfois l’impression d’être dans un épisode de Lost. Juste après, on attaque la pointe de Pen Hir. Celle-là, je l’attends depuis longtemps ; j’avais le projet d’aller attaquer ses jolies voies d’escalade pendant la rando, mais niveau timing c’est un peu serré. De toute façon, même si niveau forme tout va bien, je suis quand même sacrément ankylosée par la rando et je ne suis pas sûre que j’arriverais à lever les pieds au dessus de la hauteur de mes genoux. Je n’ose pas imaginer ce que ça va donner quand je vais reprendre le yoga, ou le surf d’ailleurs (dans ma tête je me fais mentalement engueuler par mon - mythique - prof d’escalade, Didier, quand il me hurlait « MONTEUH LE PIED DROIT » quand j’en bavais dans les parois du gymnase Ladoumègue). 

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Pas d’escalade donc, mais ça ne m’empêche pas d’apprécier la vue, et je vous laisse admirer les photos. Entre l’eau turquoise, les « tas de pois » (ces blocs rocheux détachés de la pointe du Pen Hir), le soleil fou et le vent qui l’accompagne, je suis au paradis. Bien sûr, il y a aussi quelques cars de touriste - et le parking qui va avec, quasiment au bout de la pointe. Mais elle n’a évidemment pas la même saveur pour nous. On fait la pause dej un peu avant Kerloc’h, à l’abri du vent : essentiel pour moi qui préfère être bien protégée et aussi parce que Radio Roland Garros diffuse la fin de la demi-finale et qu’on l’écoute avec attention. 

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Marc décide de couper pour atteindre plus vite la plage qui suit et se retrouve à devoir sauter par dessus les ruisseaux qui y débouchent. Scénario classique et pour une fois, ce ne sera pas de ma faute ! Rien de très grave, les chaussures sont toujours sèches (j’ai oublié de préciser que l’adorable gérant de l’hôtel nous les avait fait remplies de papier de journal ET mises au soleil ce matin). Sur la plage, le sable mouillé renvoie les reflets des gros cumulo-nimbus ; dans la mer, les clubs de surf se lèvent tant bien que mal. A cause du vent j’imagine, c’est un peu brouillon. 

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A la pointe de Dinan, Marc quitte le GR pour rejoindre le camping - qui malheureusement en est assez éloigné. Moi j’avais prévu de faire tout le tour jusqu’au Cap de la Chèvre mais je me rends vite compte que ce n’est pas raisonnable. En plus je tiens à le faire « comme il faut » : ça a l’air incroyable. Je continue donc toute seule, mais seulement pour quelques kilomètres. Je finis un épisode d’un podcast de la NPR, On Being, et je copie ici un poème de Gregory Orr, qui y était invité :

To be alive: not just the carcass
But the spark.
That’s crudely put, but…
If we’re not supposed to dance,
Why all this music?

(Au passage, je vous dois un update sur les poèmes que j’apprends. Demain !) Je quitte le GR quelques kilomètres plus tard pour rejoindre Marc qui vient lui-même d’arriver et nous a réservé un emplacement. Il a aussi trouvé une bouteille de vin rouge, et je décide après manger que demain, je vais me lever tôt pour retourner sur le GR à l’endroit où je l’ai quitté, et faire ce fameux Cap dans la foulée. Cette décision était-elle uniquement motivée par la puissance tannique du Cabernet ? Réponse au prochain épisode ...

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Jour 38 : Lanvéoc - Camaret-sur-Mer

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Jour 38

🐸Date : 7 juin

🐸Distance : 11 km

🐸Départ - Arrivée : Lanvéoc - Camaret-sur-Mer

🐸C’est la fête : à la grenouille

Réveil tardif ce matin ; il s’est mis à pleuvoir des cordes cette nuit et ça n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. Ni à 6h, ni à 7h, ni à 8h ... Je finis par prendre mon café avec la toile de la tente encore fermée. Au bout d’un moment, il faut se rendre à l’évidence : c’est parti pour durer. Marc finit par se réveiller (moins matinal aujourd’hui !!) et on élabore un plan d’attaque. Je réserve un hôtel pour le soir même, à Camaret, qui est à environ deux heures de marche. C’est peu, mais les prévisions sont désastreuses, et ce satané Miguel se déchaîne. 


Le temps de replier les tentes (sous le bâtiment qui sert de lavoir au camping, et où tout le monde a trouvé refuge - y compris un couple de cyclistes qui ont eux fini leur journée, la chance), il est déjà 11h. Il faut dire que ça ne donne vraiment pas envie de sortir ; la pluie a l’air de s’intensifier au fur et à mesure. La propriétaire (adorable) du camping me suggère de faire du stop et j’aurais sans doute dû l’écouter, mais on a fini par partir à pieds quand même. Et là je dois vous dire que toutes les journées de « pluie » que j’ai eues jusqu’ici n’ont été que des petits entraînements gentillets pour ce qui a suivi. 

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Ce matin, c’était dans les sentiers de campagne (car oui, ça fait plusieurs jours qu’on est sur la presqu’île et les sentiers ne sont toujours pas en bord de mer - et je me sens horriblement mal vis à vis de Marc, qui est venu pour voir autre chose que ça et qui en plus se tape un temps horrible), de la pluie sans répit qui transperce les Kway et qui transforme les chemins en champs de boue. L’eau qui dégouline sur les mains sans rien pour les essuyer, évidemment. Les chaussures déjà humides qui deviennent trempées. Les plantes qu’il faut éviter en permanence sous peine d’en rajouter une couche. Etc. Au bout d’un moment, ce qui devait arriver arriva : le sentier n’est plus un champ de boue, c’est carrément un ruisseau. Un vrai ruisseau, avec de l’eau qui nous arrive au dessus des chaussures, du courant, et évidemment pas d’alternative pour l’éviter : la seule solution, c’est de marcher dedans. On l’aura compris, je ne suis pas particulièrement à l’aise avec des fringues mouillées et des chaussures détrempées mais on n’a pas le choix. Donc c’est parti. Ça ne dure pas longtemps, mais suffisamment pour que je flippe un peu en glissant sur les cailloux au fond du ruisseau (que je ne vois pas évidemment car c’est plutôt un torrent de boue qu’une eau cristalline) : si je me retrouve dedans, ça va vite devenir très compliqué. 

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On finit par couper toute la pointe de Roscanvel - de toute façon on ne voit rien et par se retrouver en front de mer, à quelques kilomètres de Camaret. Et là, double effet kiss cool : certes, on voit (enfin) la mer, mais il y a un vent horrible dès qu’il y a une brèche dans la haie qui nous en protège. Bref, je vous épargne la litanie des souffrances : on finit par arriver à l’hôtel après quelques heures de marche sans pause, dans un état assez lamentable. Marc prend le lit simple et me laisse le lit double, trop sympa, alors que franchement il aurait mérité de le récupérer : il a des ampoules et des douleurs aux jambes. Moi étonnamment, ça va bien, même si j’ai serré les dents pendant deux heures. Ça va encore mieux après une douche chaude et en ce qui me concerne, ce que je sais faire de mieux : une sieste. Marc regarde Roland-Garros mais je suis complètement KO. 

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Le temps a fini par se calmer en fin d’après-midi ; on est donc sortis de la chambre, qui ressemble à un séchoir géant (heureusement le gérant de l’hôtel a gentiment pris Kways et chaussures pour les faire sécher dans la chaufferie) pour aller manger une crêpe sur le port où on avait l’impression que rien ne s’était passé - si ce n’est une flaque ou deux qui subsistaient. Demain devrait être un autre jour et franchement, j’espère : non seulement parce qu’on est en train de louper des paysages incroyables et aussi parce qu’il faut quand même que j’avance : je commence à entendre le compte à rebours ...

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