Jour 22 : Carantec - Roscoff

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Jour 22

🏝Date : 22 mai

🏝Distance : 20 km

🏝Départ - Arrivée : Carantec - Roscoff

🏝Îles au compteur : 2

Hier soir, j’ai planté (posé, plutôt) ma tente dans un coin de l’île en essayant de ne déranger personne : humains, animaux, végétaux. Ça a dû fonctionner, puisque des dizaines d’oiseaux sont venus regarder le coucher de soleil avec moi - je les surveillais du coin de l’œil en regardant le spectacle de l’autre. Au réveil, plus d’oiseaux ; tout était, comme la veille, dans la brume. Je n’étais de toute façon pas pressée, puisque la marée n’allait descendre qu’à midi. J’ai donc regardé, au son de la corne de brume, la rive d’en face  apparaître et disparaître au rythme des coups de vent. 

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Quand j’ai finalement décidé de plier bagage, le soleil avait réussi à percer le brouillard et il faisait déjà très chaud sur l’île - où j’étais seule ou presque : il y avait des lapins partout ! Des gros que je prenais pour des rochers avant qu’ils ne détalent, et des tout petits aux oreilles roses qui n’avaient pas encore tout à fait appris à se carapater devant les humains. Comme l’impression d’être dans Peter Rabbit. Entre hier et aujourd’hui, c’était un sacré spectacle - et rien que pour moi ... c’était fou, cette île.

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J’ai tranquillement attendu que la marée descende, dans les starting blocks tout de même : il fallait que je sois à Roscoff à 18h30 dernier carat, et 20 km m’en séparaient. Rien d’infaisable en temps normal, mais je n’ai pu commencer à marcher qu’à 13h. Ce fut donc une journée plutôt « performance sportive » que « balade méditative » : il en faut. D’autant qu’à marée basse le paysage était moyennement intéressant, même si le GR a la gentillesse de passer par ce qui caractérise le coin : les champs de légumes. Chouette. Qui veut des poireaux ?

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Je suis finalement arrivée à l’heure à Roscoff - dont je n’ai pas vu grand chose pour l’instant. J’avais un objectif qui motivait la deadline : la navette pour l’île de Batz ! Passé un petit cafouillage sur le lieu de départ de la navette (qui ne part pas du même endroit à marée haute et basse, un concept visiblement subjectif, ou en tout cas dont ma perception diffère de celle du capitaine), j’ai fini par monter dedans. 

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J’adore les îles et j’adore les ferrys et j’étais aux anges d’avoir réussi et d’être là. Ce soir, j’avais réservé un lit dans l’auberge de jeunesse de l’île. Je la connais pour y avoir passé, il y a ... 15 ans ... un week-end de grosse rigolade avec mes parents, leurs amis et les enfants de leurs amis. Je n’ai aucun souvenir de l’île de Batz, mais je me souviens bien de cette auberge, qui à l’époque n’avait pas de lavabo : on se brossait les dents dans des bacs à vaisselle en plastique jaune. J’ai aussi en tête une photo de moi avec une casquette Helly Hansen blanche, ce qui prouve bien que j’ai toujours eu un goût très sûr en matière de casquette. 

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Aujourd’hui, l’auberge est plus moderne ; il y a des lavabos et les dortoirs exigus ont disparu - non sans un peu de nostalgie de ma part. Je suis toute seule dans un dortoir immense (48 lits !) et j’ai mangé face à la mer, ce dont je doute me lasser un jour. Et puis demain, je m’en vais explorer l’île ... sans mon sac à dos. Le luxe. 

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Jour 20 : Morlaix - Carantec

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Jour 20

📖Date : 20 mai

📖Distance : 21 km

📖Départ - Arrivée : Morlaix - Carantec

📖Livres achetés : plus que 0 :(

Ce matin, à écouter Le masque et la plume en rangeant mes affaires, j’ai presque l’impression d’être chez moi. La nuit à l’auberge fut très bonne, et le petit-déjeuner aussi (du pain ! du beurre !!!) ; j’ai le temps de visiter un peu Morlaix avant de repartir. C’est un peu étrange de marcher sans but précis comme ça ... je n’ai plus l’habitude. Du coup je fais ce que je sais faire de mieux : prendre un café et acheter le Télégramme (car, vous aurez suivi, je suis dans le Finistère). Gros avantage concurrentiel vs Ouest-France : leurs pages sont agrafées (voilà enfin des gens qui ont déjà essayé de lire un journal en Bretagne où il y a DU VENT). Eeeet ils ont des mots croisés (et l’horoscope). Que demander de plus ?

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Pas grand chose visiblement, puisque tout est fermé ce lundi matin à Morlaix. A part les librairies, qui sont précisément l’endroit où il ne faut PAS que j’aille - sinon je sais très bien ce qu’il va se passer. J’en croise une ... deux ... à la troisième j’abdique (c’est un complot) et je rentre. Évidemment, ce qui devait arriver arriva, et je ressors avec un bouquin : Le courrier, la courroie, ta bonne lettre, un extrait de la correspondance entre Nicolas Bouvier et Thierry Vernet. C’est stupide pour plein de raisons : 1. Je vais devoir le porter 2. Je n’ai pas fini le bouquin que je suis en train de lire et surtout 3. J’ai DÉJÀ ce livre, enfin l’anthologie de leur correspondance, qui contient forcément ces lettres. C’est donc absurde. Mais c’est aussi un compromis pour un moindre mal : ce que je voulais vraiment, c’est la très belle édition de L’usage du monde, avec des reproductions en grand des œuvres de Thierry Vernet - qu’on voit bien mieux que sur ma propre édition de poche, qui en plus est cornée, raturée, surlignée dans tous les sens, et qui mérite bien un upgrade. Mais ça attendra la fin du voyage. Pour ceux qui ne connaissent pas l’œuvre de Nicolas Bouvier (et de son ami Thierry Vernet, peintre et compagnon de voyage), je vous envie : vous allez pouvoir lire L’usage du mondepour la première fois. C’est un de mes livres préférés, et sans aucun doute mon livre de voyage préféré. Je l’ai rouvert pour le plaisir dans la librairie et j’ai eu un petit choc en lisant l’exergue de Shakespeare : 

I shall go and live
Or stay and die

Sans grande surprise (je suis allée vérifier), ça vient de Roméo et Juliette. Je crois que je n’attendrai pas la fin du voyage pour le relire, une énième fois - c’est aussi à ça que servent les Kindle. Et comme ça je l’aurai en 3 éditions différentes … ahem.

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Je n’ai pas pu visiter grand chose d’autre à Morlaix - tout était un peu endormi - mais j’ai eu le temps de constater que l’immatriculation des bateaux était la plus cool de toutes celles vues jusqu’ici : MX (avant ça, j’ai eu SM, SB, et PL - je vous laisse chercher). Je suis donc repartie dans mes chemins de traverse : à chaque fois, j’ai des fourmis dans les jambes de quitter les villes et de repartir à l’aventure. Je vous l’avais déjà dit, j’écoute très peu de musique (va savoir pourquoi ... je crois que j’ai l’impression que ça me coupe du monde, ce qui est pourtant précisément ce que je cherche à Paris) mais bref, en tout cas là j’avais très vite d’écouter un truc en particulier et je suis repartie en chantonnant je me suis fais la belle ... tou-tou-tou-dou. 

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L’objectif du jour, c’était de rejoindre la côte - pour ça, il a fallu encore une fois batailler dans la forêt, et même emprunter littéralement un chemin de croix, où j’ai fait pénitence pour avoir coupé le GR hier (mais je ne l’ai pas monté à genoux, faut pas exagérer). Je suis passée à Locquénolé, un charmant village où je suis passée faire coucou de loin au saint (Guénolé) de l’église : vous l’avez compris, c’est ma destination finale (Saint-Guénolé), donc je mets toutes les chances de mon côté. 


J’avais prévu de m’arrêter avant mais les exigences du bivouac étant ce qu’elles sont, je suis à Carantec dès ce soir. Et, grand luxe : je teste un nouveau parfum de ramen ... chouette !

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