Jour 5 : Erquy - Plangenoual

IMG_7072.jpeg

Jour 5

🍦Date : 5 mai

🍦Distance : 25 km

🍦Départ - Arrivée : Erquy - Planguenoual

🍦Glace du jour : « Exotic gingembre (😏) » - Blé noir

Départ un peu tardif de mon camping de doux rêveurs (voila le lien) ce matin. En faisant la lessive hier, je n’ai lavé que trois chaussettes ; je m’en suis aperçu en retrouvant la 4ème, que j’ai décidé de ne pas laver, « au cas où les autres ne seraient pas sèches demain ». Bien vu l’aveugle : les autres sont effectivement trempées quand je me réveille. J’ai le choix entre enfiler une chaussette mouillée ou y aller à demi-pied nu. C’est le moment de vous révéler que je DÉTESTE porter des habits mouillés et encore plus avoir les pieds mouillés - ca me donne littéralement envie de vomir. J’y vais donc à demi pied nu - de toute façon je boîte déjà (même si ça va beaucoup mieux) donc ça ne peut pas être bien pire. Le reste de la lessive sèchera sur mon sac. 

IMG_7046.jpeg

Le sentier est magnifique et très ensoleillé ce matin ; il passe par la pointe des 4 vents, où un mec fait voler un avion miniature. Je ne me hâte pas : j’ai rendez-vous avec la team LG (mes parents quoi) dans le port d’Erquy à 12h30. Je passe par des spots qui feraient de belles voies d’escalade, et je croise d’ailleurs des gens encasqués ; mais PAS LE TIME. Je me suis promis que si j’arrive assez tôt à Crozon, j’essaierai d’en faire là-bas. 

IMG_7061.jpeg


J’arrive même en avance au point de rendez-vous, mais je ne vais pas faire de zèle : après tout c’est les vacances. En plus je viens de commencer « A walk in the woods » de Bill Bryson (merci Joyce !) après avoir fini sans l’avoir adoré « Less » d’Andrew Sean Greer. Le nouveau me plaît mieux et surtout, il raconte la traversée de l’Appalachian Trail alors forcément ... 

La voiture de mes parents arrive enfin et en sort ... ma grand-mère. Youpi ! Les petits cachotiers ne m’ont rien dit, je suis trop contente de la voir. Une rando comme ça, c’est compliqué à mettre en œuvre sans un « support system » : évidemment mes parents assurent une grosse part logistique, mais le soutien par textos compte aussi beaucoup, et là-dessus, c’est la meilleure. On se dirige vers une crêperie pour se raconter nos derniers jours : ils n’ont pas l’adresse du blog (c’est pour leur bien) donc j’ai tout, ou presque, à leur dire. Nous avons également quelques tractations à faire : je leurs rends sans regret mes optimistes maillot de bain et débardeur, et ma mère sort les provisions : ce que je lui avais demandé, mais aussi, évidemment, papa t’a tranché de la coppa (mes parents et leur trancheuse à jambon ...), et regarde je t’ai amené une ginger beer (moi : *330 grammes*), bref : je repars chargée comme un mulet, mais heureuse. Et assurée de ne pas mourir de faim. 

une fleur pArmi les fleurs <3

une fleur pArmi les fleurs <3

ce886135-9df0-43a2-946f-84d4d8fedaab.jpeg

Avec ça j’ai pris du retard sur mes kilomètres donc je trace jusqu’à Pléneuf. D’ici je vois déjà (touuut au loin) Paimpol où je devrais être dans une semaine. C’est fou de pointer un cap et de dire « je vais là », À PIED ! Je ne m’en lasse pas. 

Je rigole toute seule sur le sentier en écoutant « À bientôt de te revoir », l’excellent podcast de la non moins excellente Sophie-Marie Larrouy. Je me passe quand même en général des écouteurs, qui coupent le contact avec le monde extérieur. Par exemple, j’aurais loupé le papy qui, avec son air de marin sorti d’un vaisseau pirate, m’a regardé avec un si grand sourire que j’ai fini par lui demander « Ça va ? » et lui de me répondre « Bah et toi ? Tu vas où comme ça ? » comme si on était des vieux potes. Je me marre ! D’ailleurs quand on me pose la question (souvent), je fais toujours la même blague : « dans le Finistère sud ... mais pour ce soir je vais m’arrêter avant... huhuhu ». Ne me jugez pas, j’amorce le contact comme je peux ! 

voix de ma mere  OOOOH T’as pris des Couleurs !!

voix de ma mere OOOOH T’as pris des Couleurs !!

Les derniers kilomètres sont magnifiques, j’en prends plein les yeux. C’est fou comme le paysage a changé, déjà, depuis Saint-Malo ... J’ai installé mon bivouac face à la mer, pour une fois côté coucher de soleil. Ça donne une autre saveur à mon quinoa instantané, je peux vous le dire !

IMG_7081.jpeg

Jour 4 : Fréhel - Erquy

IMG_7028.jpeg

Jour 4

🌦Date : 4 mai

🌦Distance : 25 km

🌦Départ - Arrivée : Fréhel - Erquy

🌦Météo : bretonne

Hier soir, j’ai donc descendu la forêt de Fréhel - magnifique, genre jungle avec fougères et tout le tralala - pour trouver une plage blottie entre deux amas de rochers. J’avais pas franchement l’intention de bivouaquer sur une plage : en général c’est interdit, ça perturbe les écosystèmes, ça fout (plus prosaïquement) du sable partout et c’est plus compliqué pour la gestion des déchets. Mais l’occasion était trop belle. Mais ne faites pas comme moi. 

sunrise, sunrise …

sunrise, sunrise …

Ce matin, le bivouac était un peu humide (entre la forêt et la mer, normal), mais ce lever de soleil incroyable en valait la peine. Je vous rassure, ça n’a pas duré, et j’ai rapidement pu tester les capacités hydrophobes de mon Kway. Ambiance tropicale garantie. J’ai rapidement tenté une selfie genre « randonneuse en milieu humide » quand a débarqué (bien sûr) un groupe de randonneurs. Bonjour ... bonjour ... bonjour ... Remarquez, ça aurait pu être pire : ils auraient pu débarquer alors que je chantais à tue-tête « La tribu de Dana ». Non pas que ça m’arrive. 

je vous laisse la sElfie en cadeau

je vous laisse la sElfie en cadeau

Je suis passée rapidos à Fort-la-Latte mais en arrivant au Cap Fréhel, ça se gâte. Le vent se déchaîne et je suis obligée d’avancer courbée en deux. On va pas se mentir : pas le moment le plus funky de ma vie. J’en ai vu d’autres, mais jamais avec 10kg sur le dos ... du coup je coupe le sentier pour éviter la pointe : déjà, je suis déjà venue donc je connais ; ensuite, c’est limite dangereux ; et surtout, je suis pas venue ici pour souffrir (okay). 

Je coupe, donc, car j’ai repéré des WC au loin. Oh joie. Je m’imagine déjà en train de me brosser les dents entre quatre murs solides et je gambade presque jusqu’au parking. Adieu veaux, vaches, cochons : ce sont des toilettes sèches. Je vous laisse imaginer la scène : moi, debout dans un coin des chiottes (par terre, c’est mouillé ; sur les toilettes, il y a un petit courant d’air fort désagréable), en train de manger péniblement ce qui me reste de cacahuètes. Sans m’être brossé les dents. Je m’apitoierais bien sur mon triste sort mais le vent faut tellement de bruit que je n’arrive pas à m’entendre. 

Allez, quand faut y aller, faut y aller ; en plus la lande est plus jolie de ce côté-là, et il fait meilleur. Les dieux du GR décident alors de me punir de mon insolente dérogation au tracé et m’envoient sur une pointe qui ne fait même pas partie du sentier. Soupir. Ça m’apprendra. 

on va dire que c’est Beau quAnd meme

on va dire que c’est Beau quAnd meme

J’arrive péniblement à Pléherel, où Google Maps me propose un « Café de la plage ». Tant mieux car je n’ai rien à manger pour ce midi. Je trouve ça un peu étrange quand même, car il devrait être à l’autre bout de la plage et je ne vois rien ... Bingo, il n’y a rien. SOUPIR. Je trouve refuge dans un restau qui a le mérite (lui) d’exister

Cet après-midi, je suis à Erquy, et je fête mon 100ème kilomètre sur une longue plage pleine de kiteurs. Canon. Grand soleil ... #Bretagne.  Je décide de ne pas suivre le tracé officiel et de couper par la plage. Vous la voyez venir, l’erreur qui se répète ? Parce que moi non. Évidemment, aux 3/4 de la plage, un ruisseau rend le passage infranchissable : il faut se déchausser ou ... refaire tout le tour. Je remonte pour voir si je ne peux pas couper, mais non. C’est parti pour enlever les chaussures ... traverser ... se rincer les pieds (car sel + chaussures = cata) ... se sécher les pieds ... remettre les chaussures. Allez boum. Ça m’apprendra. 

IMG_7007.jpeg
IMG_7015.jpeg

Ce soir je suis un peu résignée à aller dormir au camping du coin (ambiance pateaugoire et concours de teeshirt mouillés) quand soudain ... au loin ... que vois-je ? On dirait un homme qui bâtit DE SES MAINS une BIOCOOP. Ca y est, je craque, j’ai des visions bibliques, genre Noé et son Arche 3.0. Mais non. Je ne rêve pas. Et c’est même un camping avec un forfait « randonneur ». Pour continuer dans la thématique, j’ai envie de leur baiser les pieds. Je me contente de pendre un emplacement (,de réciter un Je vous salue Marie,) et de discuter avec le couple qui tient le camping : ils ont un projet super chouette et bâtissent en fait un bar (encore mieux ! hallelujah) à côté de la mini-Biocoop existante. Le camping est plein d’idées sympas (un airstream !), je mettrai un lien demain. Pour l’instant, luxe ultime, j’ai payé plus cher que mon emplacement pour 24h de wifi et je m’en vais regarder Denis Brogniart et ses ouailles. Amen !

IMG_7019.jpeg