Jour 4 : Fréhel - Erquy

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Jour 4

🌦Date : 4 mai

🌦Distance : 25 km

🌦Départ - Arrivée : Fréhel - Erquy

🌦Météo : bretonne

Hier soir, j’ai donc descendu la forêt de Fréhel - magnifique, genre jungle avec fougères et tout le tralala - pour trouver une plage blottie entre deux amas de rochers. J’avais pas franchement l’intention de bivouaquer sur une plage : en général c’est interdit, ça perturbe les écosystèmes, ça fout (plus prosaïquement) du sable partout et c’est plus compliqué pour la gestion des déchets. Mais l’occasion était trop belle. Mais ne faites pas comme moi. 

sunrise, sunrise …

sunrise, sunrise …

Ce matin, le bivouac était un peu humide (entre la forêt et la mer, normal), mais ce lever de soleil incroyable en valait la peine. Je vous rassure, ça n’a pas duré, et j’ai rapidement pu tester les capacités hydrophobes de mon Kway. Ambiance tropicale garantie. J’ai rapidement tenté une selfie genre « randonneuse en milieu humide » quand a débarqué (bien sûr) un groupe de randonneurs. Bonjour ... bonjour ... bonjour ... Remarquez, ça aurait pu être pire : ils auraient pu débarquer alors que je chantais à tue-tête « La tribu de Dana ». Non pas que ça m’arrive. 

je vous laisse la sElfie en cadeau

je vous laisse la sElfie en cadeau

Je suis passée rapidos à Fort-la-Latte mais en arrivant au Cap Fréhel, ça se gâte. Le vent se déchaîne et je suis obligée d’avancer courbée en deux. On va pas se mentir : pas le moment le plus funky de ma vie. J’en ai vu d’autres, mais jamais avec 10kg sur le dos ... du coup je coupe le sentier pour éviter la pointe : déjà, je suis déjà venue donc je connais ; ensuite, c’est limite dangereux ; et surtout, je suis pas venue ici pour souffrir (okay). 

Je coupe, donc, car j’ai repéré des WC au loin. Oh joie. Je m’imagine déjà en train de me brosser les dents entre quatre murs solides et je gambade presque jusqu’au parking. Adieu veaux, vaches, cochons : ce sont des toilettes sèches. Je vous laisse imaginer la scène : moi, debout dans un coin des chiottes (par terre, c’est mouillé ; sur les toilettes, il y a un petit courant d’air fort désagréable), en train de manger péniblement ce qui me reste de cacahuètes. Sans m’être brossé les dents. Je m’apitoierais bien sur mon triste sort mais le vent faut tellement de bruit que je n’arrive pas à m’entendre. 

Allez, quand faut y aller, faut y aller ; en plus la lande est plus jolie de ce côté-là, et il fait meilleur. Les dieux du GR décident alors de me punir de mon insolente dérogation au tracé et m’envoient sur une pointe qui ne fait même pas partie du sentier. Soupir. Ça m’apprendra. 

on va dire que c’est Beau quAnd meme

on va dire que c’est Beau quAnd meme

J’arrive péniblement à Pléherel, où Google Maps me propose un « Café de la plage ». Tant mieux car je n’ai rien à manger pour ce midi. Je trouve ça un peu étrange quand même, car il devrait être à l’autre bout de la plage et je ne vois rien ... Bingo, il n’y a rien. SOUPIR. Je trouve refuge dans un restau qui a le mérite (lui) d’exister

Cet après-midi, je suis à Erquy, et je fête mon 100ème kilomètre sur une longue plage pleine de kiteurs. Canon. Grand soleil ... #Bretagne.  Je décide de ne pas suivre le tracé officiel et de couper par la plage. Vous la voyez venir, l’erreur qui se répète ? Parce que moi non. Évidemment, aux 3/4 de la plage, un ruisseau rend le passage infranchissable : il faut se déchausser ou ... refaire tout le tour. Je remonte pour voir si je ne peux pas couper, mais non. C’est parti pour enlever les chaussures ... traverser ... se rincer les pieds (car sel + chaussures = cata) ... se sécher les pieds ... remettre les chaussures. Allez boum. Ça m’apprendra. 

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Ce soir je suis un peu résignée à aller dormir au camping du coin (ambiance pateaugoire et concours de teeshirt mouillés) quand soudain ... au loin ... que vois-je ? On dirait un homme qui bâtit DE SES MAINS une BIOCOOP. Ca y est, je craque, j’ai des visions bibliques, genre Noé et son Arche 3.0. Mais non. Je ne rêve pas. Et c’est même un camping avec un forfait « randonneur ». Pour continuer dans la thématique, j’ai envie de leur baiser les pieds. Je me contente de pendre un emplacement (,de réciter un Je vous salue Marie,) et de discuter avec le couple qui tient le camping : ils ont un projet super chouette et bâtissent en fait un bar (encore mieux ! hallelujah) à côté de la mini-Biocoop existante. Le camping est plein d’idées sympas (un airstream !), je mettrai un lien demain. Pour l’instant, luxe ultime, j’ai payé plus cher que mon emplacement pour 24h de wifi et je m’en vais regarder Denis Brogniart et ses ouailles. Amen !

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Jour 3 : Le Guildo - Fréhel

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Jour 3

👌Date : 3 mai

👌Distance : 26 km

👌Départ - Arrivée : Le Guildo - Fréhel

👌Menu du soir : Tagliatelles fraîches (plus très fraîches du coup #yolo)

Avant de commencer, je dois apporter une correction – que tout le monde aura vu venir – à mon article d’hier. Mon spot de bivouac n’était pas légèrement en pente, il était complètement en pente. A part ça, la nuit fut correcte : de 22h à 3h du matin, j’ai tourné dans tout les sens en me disant que quelqu’un allait venir mais m’assassiner, puis à 3h la pluie m’a réveillée ; et à partir de là mon cerveau s’est engouffré dans la brèche et a décidé de me repasser un de ses plus grands succès : « le Top 50 de tous vos cauchemars, de la naissance à aujourd’hui !!! ». Bref, j’étais pas fâchée que le réveil sonne.

Le sentier est magnifique ce matin, on dirait les Seychelles : des criques turquoise au pied des falaises. Il fait hyper chaud et j’enfile vite un short (dans un buisson d’ajonc, une expérience que je vous conseille si vous avez un petit côté SM). Evidemment 1 km après être repartie, je tombe sur un spot incroyable : une pelouse magnifique avec vue sur plage, table de pique-nique, et même des toilettes. J’aurais mieux fait de dormir là ... enfin bon, hindisght is 20/20. J’ai failli rester pour me prendre un deuxième petit déjeuner - d’autant que le soleil s’était levé – mais, même si c’est moi qui décide, ça m’embêtait de faire une pause aussi tôt. Et puis, ce matin, j’avais une deadline : la pharmacie de cinq heures ferme à midi et. Quand je m’en suis rendu compte, il était déjà 10 heures et la pharmacie était à 6 km. Rien d’infaisable en temps normal, mais le sentier du matin était un peu ardu (des vues pareilles, ça se mérite) ; j’avais peur que ça continue. Je suis donc passée en mode Mario Kart, here we goOoOO - et j’ai tracé jusqu’à la pharmacie, faisant sauter les obstacles sur mon passage (Non, je blague. J’ai laissé les très chics résidents de Saint-Cast tranquilles). 

Le paradis ou Quoi ?

Le paradis ou Quoi ?

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Je dois avoir un sacré bol, car la pharmacie était encore ouverte : youpi, à moi les pansements pour ampoule. J’en ai profité pour faire quelques courses et, le dîner de ce soir et surtout l’édition du jour de Ouest-France. J’adore lire Ouest-France en vacances : sue me. Et puis je voulais vérifier qu’il n’y avait pas eu de drame international depuis mercredi : ça a l’air d’aller. Je me suis juste senti coupable en lisant l’édito où le journaliste invitait tout le monde à voter en disant qu’on ne pouvait pas, d’une part, critiquer les lobbies, et d’autre part ne pas s’intéresser représentants élus à Bruxelles. Il n’a pas tort, et mon adresse électorale est restée à Paris ...

Lautre versant de la pointe de Saint Cast est moins sympa, et je perds le GR en descendant sur la plage. Je me dis que je finirai bien par le retrouver. C’est un peu irréel : je suis toute seule dans cette grande baie, d’abord avec les pêcheurs à pied puis toute seule-toute seule. Et je ne retrouve pas le GR. Et j’ai le choix entre mouiller mes chaussures dans les ruisseaux qui parsèment la baie ou escalader les rochers. Je choisis la deuxième option, mais c’est la grosse galère et je suis bien contente de retrouver enfin les balisages rouge et blanc. 

En short les Gars !

En short les Gars !

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Là, en plus, il faudrait que je trouve de l’eau, et c’est pas la grosse ambiance dans le village que je traverse, genre portes qui claquent et chiens qui hurlent. Bon. Je décide d’aller voir ailleurs si j’y suis et miracle : à Port à la Duc, un salon de thé / brocante / bouquiniste, sorti de nulle part. Le bled doit avoir 50 habitants. J’adore. 

le cap frehel est en faCe, jai dormi sur une des plages que l’on voit

le cap frehel est en faCe, jai dormi sur une des plages que l’on voit

Je vous écris donc, provisions en eau faites, d’une plage paradisiaque où je vais attraper les dernier rayons de soleil ; demain il serait bon que je me trouve un camping avec du wifi, pour deux événements d’importance : la sortie du nouvel album de Vampire Weekend ... et du dernier épisode de Koh Lanta. 

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