Jour 45 : Plogoff - Kersigny

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Jour 45

😦Date : 14 juin

😧Distance : 23 km

😧Départ - Arrivée : Plogoff - Kersigny

😧Km cumulés : 1005 !!!

Oups, il est un peu tard alors que je commence enfin la rédaction de ce post. J’ai une très bonne excuse (ou une très mauvaise, selon votre opinion sur la question) : je regardais Koh-Lanta. Bon, à vrai dire quoi qu’il arrive mon regularly scheduled programmingaurait été perturbé : j’ai planté ma tente avec vue sur mer et j’ai passé quelques heures ce soir à finir mon bouquin en regardant les vagues. Du coup, tout le reste s’est télescopé et j’ai mangé mes ramen en passant un coup de téléphone après une douche éclair et avant que j’ai le temps de dire ouf, Denis Brogniart m’attendait. Si vous m’imaginer en train d’écrire en sirotant des cocktails au bar du camping, détrompez vous : je blogue depuis ma tente, la tête vaguement relevée contre mon sac à dos, la plupart du temps en luttant contre le sommeil (d’ailleurs je suis en général incapable de me souvenir le lendemain de ce que j’ai écrit). Ca me prend une bonne heure tout compris et même si je me suis faite aux longs textes tapés sur mon iPhone, j’ai quand même hâte de retrouver mon ordinateur ... 


Ça avait très mal commencé ce matin : Google Maps m’a trahie (après tant d’années de soutien infaillible de ma part !) et m’a envoyée sur un sentier complètement envahi par les ronces et les hautes herbes. Tellement d’ailleurs que je ne l’ai pas trouvé au premier abord et que j’ai, en vain, tenté de trouver un autre passage à travers champs (littéralement, en essayant d’écraser le moins possible les pousses de je ne sais quoi) avant de revenir sur mes pas. J’ai fini par trouver un moyen d’y accéder mais évidemment, ce fut au prix de mes fringues et de mes chaussures, qui se sont vite retrouvées saturées d’eau. La preuve en image ci dessous. Cette petite mascarade m’a en plus pris un temps fou, et j’ai mis une demi-heure à retrouver le GR au lieu des 10 mn annoncées. Ambiance. 

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J’ai doucement quitté le Cap Sizun aujourd’hui, d’abord en marchant à flanc de falaises - mais bien plus douces que de l’autre côté de la pointe du Raz. Je suis passée par quelques ports-abris, construits par les capistes pour protéger leurs bateaux des violentes tempêtes qui secouent la baie d’Audierne (ce dont je ne peux qu’attester). Ce sont des constructions incroyables : les failles dans les falaises sont exploitées et aménagées dès que possible et continuent 10, 20 bateaux chacune. Progressivement, le littoral s’est adouci, avec de plus en plus de plages de sables ; ceci dit, avec ce vent incessant, j’ai du me trouver un repli de rochers pour manger un peu à l’abri. 

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J’ai fini par arriver à Audierne en début d’après-midi : rien n’était ouvert avant 15h, ce qui m’a donné l’occasion de faire tout un tas de choses palpitantes, comme mettre à jour ma carte vitale histoire d’entériner mon changement de caisse. Comme j’ai rendu les clés de mon appartement parisien, j’ai changé pour cet été mon adresse de domicile pour celle de mes parents qui, les pauvres, reçoivent un tas de paperasse de bienvenue dans l’agglomération rennaise à mon nom. BREF. Audierne a fini par se réveiller de sa sieste déjeunatoire et j’ai pu aller chercher ce qui me manquait au supermarché et à la boulangerie. J’ai encore acheté un kouign-amann qui trône, non entamé, dans ma tente à l’heure où j’écris : j’ai eu les yeux plus gros que le ventre. A ce propos, je commence (parce que c’est la fin ?) à avoir vraiment envie de légumes et de cuisiner : un sacré exploit en ce qui me concerne. 

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Après Audierne, je suis définitivement sortie du Cap pour entamer ma longue dernière ligne droite vers Saint-Guénolé. Comme je le disais hier, le littoral est beaucoup plus plat, avec de longues plages de sable, donc ça devrait aller. Et puis je connais bien le chemin. J’aurais pu arriver demain soir en faisant deux grosses journées mais j’en envie d’en profiter un maximum ; ce sera donc dimanche midi. En arrivant ce soir, j’ai constaté que j’avais passé la barre des 1000 km ! Sans m’en rendre compte ! (En même temps je ne sais pas ce que j’aurais fait si je m’en étais rendue compte ... j’aurais sauté à l’eau ?) Je garde pour l’instant mes pensées pour le bilan de fin, mais je peux quand même vous dire que je trouve ça complètement dingue ! 

Aller, je vais aller profiter de mon avant-dernière nuit au son des vagues ; à demain pour la suite des aventures ... 

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Jour 44 : Goulien - Plogoff

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Jour 44

📉Date : 13 juin

📉Distance : 25 km

📉Départ - Arrivée : Goulien - Plogoff

📉Dénivelé : tout à fait acceptable

Je repars du bon pied ce matin : personne n’est venue me déloger de mon coin semi-légal, et je n’ai pas besoin de reprendre la départementale pour retourner sur le GR. Ouf. En plus, je suis sortie de la vraie zone de falaises pures et dures et le sentier est à la fois plus plat et plus varié : tant mieux, j’avais un peu peur de repartir pour un remake de la veille, ce qui m’aurait moyennement plu. Il y a par contre toujours un petit vent qui ne s’arrête pas, ce qui m’oblige à faire des pauses un peu n’importe où si je veux être à l’abri, genre dans un creux au milieu du sentier ou accroupie derrière un rocher. Enfin bon. Comme dirait l’autre, c’est la Bretagne. 

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Il fait encore un peu gris ce matin mais ça se lève assez vite et je passe mon temps à déranger des lézards qui se prélassent au soleil et se carapatent dès que j’arrive. Des lézards ... mais pas que. Je suis en train de descendre une côte et je m’apprête à enjamber une racine comme il y en a des centaines sur les sentiers quand ... elle se met à onduler. C’est une couleuvre, pas très grosse (40-50 cm peut-être) mais suffisamment pour me faire bien flipper : je reste hébétée quelques secondes en la regardant disparaître dans les ajoncs. Mon premier serpent ! Toutes mes excuses à la faune bretonne, dont j’avais déploré il y a quelques temps le manque d’exotisme. 

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Je passe la pointe de Brézellec, celle du Castelmeur puis celle du Van, où je vais faire ma pause dej. C’est la dernière avant la pointe du Raz et ça se sent : il y a plus de monde sur les sentiers, qui sont en retour bien plus larges et plats (même si évidemment tout est relatif), ce qui me permet de souffler un peu. Les couleurs d’été commentent à apparaître dans la lande : violet de la bruyère et jaune des ajoncs et des genêts, et puis le rouge des filaments de la cuscute du thym, cette plante parasite qui s’accroche aux buissons de la lande. De loin, l’effet des couleurs est très beau ; de près ... ça reste une plante parasite. Je me cale derrière un rocher en haut de la falaise pour manger : j’ai une vue incroyable sur les oiseaux et la mer. Je reste d’ailleurs là beaucoup trop longtemps. 

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Entre la pointe du Van et celle du Raz : la baie des Trépassés, où on retrouvait régulièrement, selon la légende, les corps des naufragés qui venaient s’y échouer. Ambiance. En tout cas aujourd’hui la mer est particulièrement calme et l’eau turquoise : rien à signaler. Au large du Raz, on voit à peine l’Ile de Sein : elle ne dépasse quasiment pas du niveau de la mer. Ça m’impressionne à chaque fois, j’aimerais bien y vivre une tempête ... En attendant, je m’engage - enfin ! - sur la pointe du Raz. Je passe à côté de son sémaphore, connu principalement pour avoir été l’endroit où mon papa a fait son service militaire. A ce propos, je ne résiste pas à l’envie de vous partager ce strip de Mafalda. Je n’ai trouvé que la VO, mais même sans parler espagnol, c’est hilarant, non ?

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Bon, trêve de plaisanteries. Je contourne progressivement la pointe en m’attendant à avoir un panorama fou sur la baie d’Audierne. Je dois préciser que je suis déjà venue suffisamment de fois ici et qu’en plus, je vois ce même panorama (mais dans l’autre sens) tous les jours quand je suis à Saint-Guénolé, donc je devrais savoir à quoi m’attendre. C’est néanmoins très anticlimactic(je ne veux pas me la jouer trop bilingue mais il n’y a pas de bonne traduction pour ce mot : quand on s’attend à se retrouver devant le climax- d’un film, d’une situation - et que cet espoir est déçu. En l’occurrence : point de panorama. Enfin si, mais rien de très spectaculaire, pour plusieurs raisons : déjà, à partir de là, le littoral est bien plus plat et s’élève à peine au dessus de la mer : rien à voir avec les falaises bien distinctives. Et surtout, la géographie de la baie d’Audierne fait qu’elle s’étend de manière verticale et, pour une fois, sans circonvolutions : il doit y avoir, à vol d’oiseau, autant de distance entre ici et la pointe St-Mathieu (où j’étais il y a 2 semaines) et ici et Penmarc’h (où je serai dimanche matin). Ceci étant dit, j’arrive quand même à distinguer le phare d’Eckmühl, qui dépasse d’un petit centimètre à l’horizon. C’est là que je vais - et pour de bon. 

ici, en novEmbre 2016 …

ici, en novEmbre 2016 …

VS cet apres midi !

VS cet apres midi !


A Plogoff, je quitte temporairement le GR pour faire un saut dans un de mes endroits préférés au MONDE : Monsieur Papier, un café avec une vue folle sur la baie, une terrasse ensoleillée et une carte délicieuse. En plus de ça, ils ont une ligne de papeterie que j’adore à la folie : j’ai plusieurs de leurs affiches chez moi et je dois toujours me retenir pour ne pas dévaliser la boutique. Ils ont aussi une sélection de vaisselle et d’objets super soignée (des gobelets en émail Falcon, par exemple) - on dirait qu’ils vont chercher leur inspiration directement dans mon cerveau. D’ailleurs, ils ont aussi des livres à vendre, et le premier que j’aperçois est de ... Nicolas Bouvier : Journal d’Arran(un autre bout du monde, je trouve le choix très approprié), mais aussi Il faudra repartir (ce titre !). Je vous les conseille tous les deux, surtout si vous avez aimé L’usage du monde.Je réussis miraculeusement à ne repartir qu’avec un petit pins qui va enrichir ma collection. 

Je dors ce soir sous un prunier dont les Reine-Claude ne sont pas encore mûres, ce qui veut dire que c’est bientôt la saison ... ça sent l’été. Dans la ferme, il y a aussi des agneaux terriblement mignons : je vais essayer de ne pas en kidnapper un avant de partir demain. Croisez les doigts pour moi. 

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