Jour 25 : Plouescat - Brignogan

IMG_8258.jpeg

Jour 25

😇Date : 25 mai

😇Distance : 15 km (sur le GR)

😇Départ - Arrivée : Plouescat - Brignogan

😇Fête du jour : Sainte-Sophie !!!

J’étais légèrement groggy ce matin, après une nuit trop courte à mon goût - et penchée. Quand je bivouaque dans des endroits où je risque de croiser du monde le matin, je préfère me lever tôt et prendre mon petit-déjeuner une fois que j’ai tout replié, ce qui veut dire que je m’amuse à le faire sans avoir pris mon café : une sacré partie de plaisir. En plus, je m’attendais à voir des lapins ce matin (hier au soleil couchant c’était un festival) mais que nenni. Je sais, je parle beaucoup de lapins mais vous aurez compris qu’en terme de faune locale, c’est à peu près ce qu’on a de plus excitant sur le GR. 

Je devais faire un détour hors GR par Plouescat ce matin, car en plus de mon sacro-saint triptyque café-baguette-journal il fallait que je trouve un fleuriste. C’est la fête des mères demain, et j’ai donc commandé un bouquet afin que la mienne (de mère) vienne le récupérer l’après-midi, après leur désormais traditionnelle visite du week-end. Si vous êtes en train de réaliser que wow, je suis vraiment une fille sympa et pleine d’attentions, gardez à l’esprit que ma mère m’a vue sans (trop) broncher changer de vie à 180 degrés ces 6 derniers mois, que ce changement a nécessité, entre autres, que des cartons fleurissent un peu partout chez mes parents, et qu’elle est désormais la destinataire régulière de textos genre : coucou, tu peux m’amener des petits pois au wasabi dimanche prochain ? Un bouquet était donc le minimum syndical. 

IMG_8234.jpeg

Quand je mets les pieds en « ville » désormais, j’ai la nette impression que tous les regards sont braqués sur moi : je pense que j’attirerais moins l’attention si j’arrivais déguisée en homme-orchestre, genre Dick Van Dyke dans Mary Poppins. D’ailleurs c’est exactement comme ça que je me sens avec mon gros sac sur le dos. Allez, la prochaine fois j’amène ma perche à ramonage et je me mets à chanter Step in time sur la place de l’église. 

Je me suis contentée de repartir la musique dans les oreilles pour cette fois, toutes ces histoires m’ayant donné envie d’écouter la BO de Mary Poppins - fort à propos d’ailleurs : 

Ain’t it a glorious day 

Right as a morning in May 

I feel, like I could fly ... 

Je ne sais pas si ça m’a distraite, on va dire ça, toujours est-il que j’ai réussi à me tromper de manière spectaculaire et que j’en ai été quitte pour 20 mn de vadrouille dans ce que ViewRanger désignait (très généreusement) comme un sentier. J’ai serré les dents car ça ne s’est pas arrangé par la suite avec un affreux passage au bord de route. 

IMG_8238.jpeg

J’étais donc un peu à bouts de nerfs quand j’ai fini par débarquer sur une longue dune qui bordait une plage sans fin et une mer turquoise. C’est le moment qu’a choisi Spotify (sentant sans doute que j’avais besoin de me détendre) pour me passer l’intégrale de Jack Johnson, et c’est tout de suite allé beaucoup mieux. J’ai même failli aller me baigner - et j’aurais d’ailleurs dû y aller au lieu de tergiverser comme ça. 

Mais bon, j’avais un rendez-vous à respecter puisque mes parents, ces héros, sont venus de leur QG désormais bien loin de mes petites aventures. Nous sommes allé manger à Plonéour-Trez, ce qui nous a fait sauter 5 bons km du GR qui passait à cet endroit dans la campagne : un peu parce que ça m’arrangeait, et un peu parce que je culpabilisais de les emmener avec moi dans une portion de rando pas super funky (depuis le début ils n’ont pas eu trop de chance). Excellent choix : non seulement on y a très bien mangé (en se disant qu’après tout ça on pourrait écrire un Gault & Millau des crêperies du GR - auquel j’ajouterai un chapitre « toilettes publiques »), mais surtout la portion de GR qui démarre à cet endroit-là est magnifique. 

IMG_8245.jpeg


Vous le verrez sur les photos, mais entre les bancs de sable, l’eau transparente, le ciel sans nuage et le sable blanc, on a vraiment eu de la chance. On est d’ailleurs  tombés sur une anse qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à la plage de Pors Carn - notre plage, celle en bas de la maison à Saint-Gué. Même orientation, même rochers, même sable, mêmes bouées jaunes, il y avait carrément une presque-île qui ressemblait à la pointe de la Torche et la baie de Kernic aurait pu passer pour la baie d’Audierne. Trop drôle. 

IMG_8257.jpeg

Mes parents sont repartis en me laissant faire les derniers mètres jusqu’au camping - j’avais décrété une journée courte aujourd’hui. Je serais bien allée me baigner, bis, mais le temps que la mer monte, le brouillard était descendu, et je vous écris depuis un nuage. Pas « sur un petit nuage » mais plutôt « à l’intérieur d’un nuage ». Tant pis pour la baignade ; j’avais de toute façon méritée ma fin d’après-midi, mes coups de téléphone et mes rattrapages divers ... Il y a des jours où c’est dur d’être loin de Paris et de devoir tout partager par téléphone. Dans Koh-Lanta ce bon vieux Denis Brogniart disait « demain c’est l’épreuve d’immunité et ça, ça vaut toutes les tartelettes du monde ». A défaut d’épreuve d’immunité, j’ai des copains qui valent bien, croyez-moi, toutes les tartelettes du monde, et même quelques kouign-amann. Mais si quelqu’un pouvait inventer la téléportation, je lui en serais tout de même bien reconnaissante. Sur ce, je vais allez dormir en rêvant à mon petit-déjeuner de demain : j’ai acheté des Frosties. Et n’oubliez pas d’aller voter !!!!

Sur cette photo Mon sac est  fermé.  SOupir.

Sur cette photo Mon sac est fermé. SOupir.

Jour 24 : Roscoff - Plouescat

IMG_8215.jpeg

Jour 24

😳Date : 24 mai

😳Distance : 33,3 km

😳Départ - Arrivée : Roscoff - Plouescat

😳Coups de soleil : probablement in progress

Ce matin, les travaux d’entretien du GR étaient en pleine action, et ça sentait le fenouil sauvage dans les sentiers. Magie du petit matin. Je savais que je partais pour une grosse journée après mes deux « repos » (entendons nous bien, tout est relatif). Le paysage commence à me rappeler vraiment celui de Saint-Gué : escarpements de rochers, longues plages de sable blanc, mer bleu turquoise quand le soleil se lève. C’était le cas aujourd’hui - comme depuis quelques jours - et ce soir j’ai sacrément les joues qui chauffent.

IMG_8197.jpeg
IMG_8202.jpeg

Je suis passée par un super spot avec de jolies petites vagues dont j’aurais bien fait mon affaire. D’un coup, je n’avais qu’une envie : être sur une planche et me prendre des litres d’eau salée dans la figure. Je ne dis pas ça à la légère : même si ça fait maintenant plusieurs années que j’ai mon propre matos de surf, ce n’est vraiment pas un sport qui me vient naturellement et je suis obligée d’aller chercher mes micro-progrès à l’arrachée. Au contraire d’à peu près tout ce que j’ai entrepris dans ma vie où, avec du travail et de la persistance, j’ai obtenu ce que je voulais, le surf continue à me résister ... pour l’instant. Mais c’est parfois compliqué à accepter, et puis j’ai un léger PTSD post-dernière fois où j’ai mis les pieds (ou plutôt soyons honnêtes les genoux) sur une planche. La bonne nouvelle donc, c’est que j’avais très d’y être ; l’autre bonne nouvelle, c’est qu’un été entier m’attend et ma planche avec. 

IMG_8208.jpeg


La marée était suffisamment basse cet après-midi pour me permettre d’éviter quelques détours en passant par la plage ; je ne m’en plains pas, mais j’ai l’impression d’avoir passé la journée à vider des kilos de sable de mes chaussures. Avec le sac sur le dos, il suffit que le sable soit un peu mou pour que je m’enfonce jusqu’à mi-mollet, ce qui doit être hilarant vu de l’extérieur ; vu d’ici, je le prends avec philosophie. Et je vide mes chaussures, donc.

IMG_8217.jpeg

J’ai eu un sacré coup de barre cet aprèm et j’ai multiplié les pauses (et déjà fini mon bouquin, pff) avant de me mettre en quête d’un spot pour bivouaquer. J’ai fini par trouver de l’eau dans un camping municipal pas encore en service où j’aurais mieux fait de m’arrêter, car je suis ensuite partie dans une sacré galère : je suis dans un endroit touristique et il y a du monde et des maisons partout. J’ai fini par trouver un camping ... dont la réception était déjà fermée. Bref, je suis sur la plage dans ma tente un peu humide et qui commence à ressembler au Sahara à en juger la quantité de sable dedans. Et à en juger ma position, elle est aussi en pente. Oh well. Disons que j’apprécierai d’autant mieux le camping demain. Et le réveil, à n’en pas douter : il y a l’air d’avoir des lapins partout, ça risque d’être encore le spectacle. Je ne me plains pas. 

IMG_8222.jpeg