Jour 35 : Bonus (accidentel) hors GR - Plougastel

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Jour 35

🍓Date : 4 juin

🍓Distance : quelques centaines de mètres sur le GR

🍓Départ - Arrivée : Plougastel

🍓Au menu : des fraises

Bon, comme vous l’aurez deviné en voyant le titre du post, je n’avais pas exactement prévu que la journée se déroule comme ça. Plutôt le contraire : j’avais plus de 30 km à faire jusqu’au Faou où je retrouve demain mon pote Marc qui vient faire quelques kilomètres avec moi. Quelques kilomètres pour rejoindre Plougastel où j’avais quitté le GR, puis encore 30 km à travers la forêt puisque comme je l’expliquais hier, la servitude du littoral n’a pas été votée sur la commune de Plougastel et le sentier passe donc largement loin de la mer. Ça m’enchantait donc moyennement, et j’ai de toute façon vite compris que ça allait être compliqué, puisque la pluie s’est mise à tomber à 7h du matin. 


Pour une fois, pas une petite bruine qui s’arrête vite pour faire couleur locale ; plutôt le gros déluge. J’ai rangé tout ce que j’ai pu dans mon sac et attendu une accalmie avant de pouvoir enfin lever le camp, mais il était déjà plus de 10h30. L’accalmie n’a pas durée et je suis arrivée trois quarts d’heure plus tard dans le centre de Plougastel, trempée des pieds à la tête. Bon. Même si je suis suffisamment reposée après mes deux jours à Brest et que j’avais envie de marcher, ce n’était certainement pas au point de le faire sous la flotte toute la journée, surtout pour voir des arbres (no offense : j’aime beaucoup les arbres. Mais bon.) Je savais qu’il allait être compliqué de faire 30 km, ou du moins que j’allais finir tard ; et pour un résultat incertain, car il n’y a pas de camping au Faou. Il était donc temps de passer au plan B (j’ajoute à toutes fins utiles que la logistique sur la partie Brest > Le Faou, qui fait 42 km, me paraît vraiment compliquée quand on est comme moi en autonomie, il n’y a aucun camping sur la route et rien entre Plougastel et Le Faou) 

 Plan B, donc, en remerciant abondamment, comme à peu près chaque jour, l’existence de Google : j’ai réservé un hôtel dans la banlieue de Plougastel et j’ai appelé un taxi pour lui demander de m’emmener au Faou demain matin (en voiture, c’est à 20 km). J’avais heureusement prévu de la marge dans mon budget pour ce genre de situations ... ceci étant dit je vous rassure, je ne suis pas au Novotel, plutôt à l’autre bout de l’échelle, avec une jolie vue sur la nationale - ce qui n’a aucune espèce d’importance. 

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Je me suis donc retrouvée à Plougastel à midi avec un emploi du temps dégagé - et toujours bien sûr des litres d’eau qui me tombaient dessus. J’ai décidé d’aller déjeuner dans une brasserie (mais oui, c’est un verre de Côtes du Rhône) et d’aviser. J’ai vite vu : un mardi 4 juin, les perspectives étaient limitées. Qu’à cela ne tienne : je me suis mise en route pour l’attraction numéro 1 du village, c’est-à-dire bien sûr ... Le musée de la fraise. Eh ouais. Qui dit mieux ? 

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Certainement pas moi. C’est un tout petit musée qui parle de l’histoire de la culture de la fraise bien sûr, mais aussi du patrimoine local, et qui a le mérite d’exister. Il y a quelques dioramas un peu improbables voire effrayants (vous voyez le genre de scènes reconstituées avec des mannequins en plastique ? Brrr), mais aussi des jolies toiles de Mathurin Meheut et de Mary Piriou. Et surtout, l’histoire de la fraise. Et là les gars, je dois quand même vous transmettre une information capitale : la fraise qu’on cultive actuellement a été ramenée du Chili par un certain Amédée-Francois Frézier. Le mec s’appelait Frézier !!!! Ça me ravit, parce que j’ai une passion secrète pour les aptonymes. Qu’est ce ? Je suis ravie que vous posiez la question. Voici la définition de Wikipedia : un aptonyme est un nom de famille possédant un sens lié à la personne qui le porte, le plus souvent en relation avec son métier ou ses occupations. Exemple tiré aussi de Wikipedia (qui en a des dizaines, tous plus délicieux les uns que les autres) : Edith Cresson, ministre de l’Agriculture. Autre exemple tiré de ma vie : Jacky L’Andouille, charcutier à Saint-Gué (malheureusement, on me dit dans l’oreillette que c’est un pseudo). Je suis moi-même en possession d’un nom de famille qui veut dire « longues jambes » en breton, ce qui fait toujours hurler de rire les gens qui le découvrent. Pas à la hauteur, ceci dit, de notre ami Frézier. 

Bon, j’ai vite fait le tour du musée quand même, et je vous abrège le reste de la journée : j’ai trouvé des fraises (tout de même), j’ai fait un micro-bout de GR, et je l’ai vite quitté pour rejoindre mon hôtel pas très sexy en banlieue de Ploug’, où j’ai passé l’après midi à manger des fraises et à faire la sieste devant Roland Garros. Toutes proportions gardées, c’était très bien. Demain, je retrouve Marc et la mer et je vais voir la presqu’île de Crozon, ENFIN !! 

autoportrAit mIt ramen unD fRaises

autoportrAit mIt ramen unD fRaises

Jour 34 : Brest - Plougastel

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Jour 34

🎶Date : 3 juin

🎶Distance : 8 km ! (sur le GR)

🎶Départ - Arrivée : Brest - Plougastel

🎶Bande-son : Miossec (who else)

Malaise ce matin. Je n’arrive pas à identifier pourquoi. Et puis je finis par comprendre ... on est lundi. Et je n’ai pas envie d’aller à l’école. Ça fait des semaines que je vis en dehors de la dichotomie semaine / week-end, mais là les choses sont tombées comme ça et j’ai passé mon week-end à me reposer mais maintenant ... il faut y retourner. J’entends les portes qui claquent dans l’hôtel, dans la rue les voitures sont revenus, pas de doute : pour le reste du monde aussi, la semaine recommence. Baaah. 

Comme un vrai lundi, j’ai plein de choses à faire ; je dois passer à la Fnac acheter une batterie (celle que j’avais trouvée en urgence l’autre jour parvenait péniblement à recharger mon téléphone une demi-fois) ; faire un tour au supermarché ; réorganiser mon sac et recharger une dernière fois mes appareils avant de partir. Heureusement qu’il y a, tôt le matin, un café (encore à la V60 !) chez BEAJ, où je revis, affalée dans leur gros canapé en cuir, les heures passées dans un canapé identique à Brooklyn. Je recommande. 

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Je déjeune d’un bo bun mais je ne pars pas tout de suite après : j’ai un entretien téléphonique à 14h. Si vous avez lu le dernier article que j’avais posté avant de partir, vous savez que c’est précisément ce que j’avais dit que je ne ferai pas ; mais l’entreprise me plait beaucoup, alors on verra. Même si je suis relativement sereine car tout ceci me paraît très loin, j’ai passé la matinée à y penser et en plus, je n’ai rien pour prendre des notes : ce sera sur la page météo du Télégramme (décidément polyvalent) où je griffonne entre les cartes de la Bretagne et les horaires des marées. On va dire que c’est mieux que rien. 

Je finis par me mettre en route ; en chemin, je croise un baliseur de la FFR, qui vient me demander mon avis sur le balisage de son secteur (la pointe de Corsen, où j’étais il y a quelques jours). Je suis ravie de lui donner : très bien, 10/10, me suis pas perdue, merci monsieur ! En échange, il me donne des conseils sur la suite et me met au courant des ragots de la fédé : je vous les retranscris. Le sentier ne suit pas le littoral jusqu’au Faou car les « ploucs » de Plougastel n’ont pas voulu voter la servitude du littoral (et du coup, ce que je craignais, ça va pas être super funky) ; le baliseur du Cap de la Chèvre est un « vieux » (non pas que mon interlocuteur soit tout jeune) qui refuse de suivre les consignes et les randonneurs brestois sont à deux doigts d’aller lui coller au nez et à la barbe des autocollants GR34 sur son secteur ; et il y a 1000m de dénivelé sur l’étape Cap Sizun - Plogoff. Holy shit. Celle-là, j’aurais préférée l’ignorer.  

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Je finis par quitter mon nouvel ami (après l’avoir abondamment remercié pour son travail). Je passe par Oceanopolis, et puis je franchis les limites de Brest par le pont Albert Louppe, parallèle au joli pont à haubans de l’Iroise. Maintenant je peux pour de vrai chanter Miossec, est ce que désormais tu me détestes / d’avoir pu un jour quitter Brest / la rade le port, ce qu’il en reste... Cette chanson me brise le cœur, même sans avoir jamais habité ici, et vous devriez l’écouter (dans ma tête, elle est totalement reliée à Nantes de Beirut, même si en réalité elles n’ont rien en commun)

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Je quitte le GR un peu après le pont, pour un détour exceptionnellement long vers un camping. Je n’ai pas très envie de bivouaquer ce soir, d’autant plus que je suis entourée de forêts et bivouaquer dans la forêt = TERREUR. D’ailleurs je réussis à paumer le sentier dans cette forêt (même avec la carte SOUS LES YEUX) et à devoir descendre n’importe comment dans les sous-bois. SOS. J’en ressors avec une chenille accrochée au sac à dos et un égo en vrac, moi qui ait d’habitude un sens de l’orientation si inné (ha, ha). Bon, peu importe : je suis bien arrivée, et demain pour le pique-nique, j’ai bien l’intention de trouver des fraises à Plougastel. Sinon je fais un scandale. 

1h15 : pErso j’en ai pour 2 semaines

1h15 : pErso j’en ai pour 2 semaines