Mes préparatifs pour le GR34

Rappelons-le à toutes fins utiles : mon niveau en randonnée s’apparente à celui du Parisien qui vient immanquablement s’échouer sur les chaussures bateau de Denis Brogniart à chaque début de saison de Koh-Lanta. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de faire un GR : ça garantit - surtout sur le GR34, qui est bien entretenu - un minimum de balisage et d’infos disponibles en ligne.

L’intégralité du chemin est décrite dans les topoguides de la FFR ; il en faut 5 pour couvrir le parcours que je vais faire, ce qui est 1. lourd 2. cher. J’ai donc pris un abonnement sur le site MonGR (25€/an), qui permet de retrouver toutes les infos publiées par la fédération : descriptions, hébergements, traces GPX … Il faut juste un peu de motivation car le site pousse parfois un peu à s’arracher les cheveux - plutôt par excès de vouloir bien faire, il y a beaucoup de choses. La bonne nouvelle, c’est que j’adore ça. Voilà où j’en suis :

Préparer la rando

  • Les descriptions

Téléchargées en PDF, dans un dossier dédié sur Google Drive accessible hors-ligne. Elles décrivent le sentier point par point, c’est à la fois un back-up si le balisage devient hasardeux et un moyen de repérer les points historiques / intéressants du parcours.

viewranger

viewranger

Je ne suis pas folle vous savez :-(

Je ne suis pas folle vous savez :-(

  • Les traces GPX

Téléchargées par section du sentier, uploadées sur ViewRanger - une application qui, non seulement a un nom super cool mais me paraît très bien foutue - et accessibles en hors-ligne. En théorie, c’est un excès de prudence sur le GR34, qui encore une fois est bien balisé ; en pratique je me connais, je serais capable de relever la tête et d’être arrivée à Nice en me demandant comment j’ai fait.

  • Les points de repère

Quand tu prépares les ravitos

Quand tu prépares les ravitos

En parallèle, j’ai calculé (grossièrement) les jours d’arrivée aux étapes-clé du parcours et mis tout ça dans un template Google Sheet accessible hors connexion lui aussi, histoire de voir si je suis à peu près on track ou s’il faut sérieusement que j’accélère car rappelons-le, j’ai une deadline à tenir. Ca devrait également me permettre de faire un récap des kms/jour à la fois, de calculer les moyennes, les écarts-types, tout ça tout ça …

  • Le sac à dos

Tout est détaillé - au gramme près, pour votre plus grand bonheur - juste ici. Je ne vais pas revenir sur le temps que j’ai passé à me renseigner / acheter le matériel ; jetons un voile pudique sur cette partie de l’histoire et retenez simplement que je pourrais sans problème me faire embaucher pronto au rayon rando de Décathlon étant donné que je connais leur putain de catalogue par coeur.

Tout ceci est très digital, ce qui présente évidemment un défaut majeur : si mon téléphone me lâche, on va bien rigoler. En solution de repli, j’ai deux topos à la maison, les PDF peuvent être imprimés, et si au pire je me perds … il suffit de chercher la mer (en gros).

Se préparer physiquement

J’aurais pu faire de la rando tous les week-ends mais j’ai surtout continué ma routine habituelle : de l’escalade deux fois par semaine (bloc / voie) et du yoga dès que je peux. J’ai quand même emmené mon petit sac à dos faire ses armes dans la région parisienne et j’ai testé mes limites à Fontainebleau en faisant 30 bornes dans la journée (et en courant dans la nuit histoire d’atteindre la gare de RER avant d’être zigouillée par une balle perdue - un souvenir délicieux). Et puis quand les circonstances l’ont permis, du ski avec mes copains et de la rando quand le cadre s’y prêtait : les calanques avec Laura à Marseille - où j’aurais bien piqué une tête -, le Luxembourg avec Claire - où je n’aurais certainement pas piqué de tête -, et des chilometri à n’en plus finir à Turin.

Je me sens en forme mais j’ai du mal à visualiser ce que ça va donner sur le terrain - rappelons que l’objectif est fixé à 25 km par jour … Hauts les coeurs !

Se préparer mentalement

Une fois prise la décision de partir, il faut … le faire. J’ai ce qui s’apparente à l’inverse d’une phobie administrative et du moment que c’est écrit dans une (de mes nombreuses) to-do list, j’exécute. Au passage, je conseille le combo Google Keep + Google Tasks pour la gestion de plusieurs notes et to-do, c’est très bien fait et non, Google ne me sponsorise pas encore, malgré toute la pub gratuite que je me tue à leur faire. Bref ; j’ai en vrac : démissionné, donné le préavis de mon appartement, mis en pause mon pass Navigo, trouvé une nouvelle mutuelle, fait le tri, downgradé (?) ma Visa Premier vers une vulgaire Carte Bleue, trouvé un job pour l’été, avalé sans broncher les 50 balles de résiliation de ma box - changé de vie, quoi.

les alpes au dessus de torino … décollage imminent

les alpes au dessus de torino … décollage imminent

J’occulte le véritable aspect mental, d’une part parce que je commence à peine les au revoir - qui sont la seule vraie plaie dans cette histoire de quitter Paris ; d’autre part parce que pour être honnête, j’ai à peine pris le temps de penser à tout ce chambardement, en me disant que j’avais un mois et demi et 1000 bornes pour y réfléchir (ce qui, je veux bien l’admettre, est assez peu raccord avec le concept de euh … préparation).

Là, je dois dire qu’à 7 jours du départ, je commence à avoir des moments où je me demande CE QUI M’EST PASSÉ PAR LA TÊTE et autres OH MY GOD WHAT HAVE I DONE. La bonne nouvelle, c’est que je n’ai plus le choix ; c’est là qu’on va voir si ma méthode préférée a.k.a. je saute dans le grand bain et on verra bien ce qui se passe fonctionne pour de vrai …

RDV mercredi prochain !