Jour 9 : Saint Quay - Paimpol

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Jour 9

⛰Date : 9 mai

⛰Distance : 31 km

⛰Départ - Arrivée : Saint-Quay Portrieux - Paimpol

⛰Nombre d’étages montés selon mon téléphone : 274

Crise domestique hier soir : mon briquet a refusé de fonctionner. Qu’à cela ne tienne, j’ai mangé des sandwichs ... comme hier midi ... comme tous les midis de la création ... bon, peu importe. J’avais heureusement lu dans des récits de randonneurs qu’un briquet pouvait prendre l’eau et je ne l’ai pas jeté : je me suis contentée de le mettre sous mon oreiller et de le supplier en 4 langages de refonctionner le lendemain. 

Victoire pour le peuple : mon briquet était sec et j’ai eu du café ce matin. J’étais donc d’excellente humeur, d’autant que mes habits étaient propres ET secs (j’avais tout laissé dans la laverie, le grand avantage du camping en hors saison), qu’il avait arrêté de pleuvoir, que mes pieds étaient remarquablement dépourvus de douleur et que j’avais trouvé du pâté Henaff pour mon pique-nique de ce midi. What else ? 

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Je suis donc retournée sur mon sentier en sautillant presque : le ciel était gris, ce qui donnait un joli petit côté islandais à toutes ces falaises. Je suis passée par Le Palus, un port improbable au milieu de nulle part où la mer faisait un boucan d’enfer en se retirant sur les rochers, j’ai cru d’ailleurs que c’était une autoroute. Il y a eu un petit passage d’escalade où j’ai glissé et bien failli perdre mon empreinte digitale - et ainsi être condamnée à déverrouiller mon iPhone par un code pour le restant de mes jours (l’horreur !). 

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Et puis à midi c’est devenu très très bien. Je me suis installée, pour manger, sur le perron d’une maison abandonnée plage Bonaparte (haut lieu de la résistance et des départs clandestins vers l’Angleterre). En quelques minutes, on est passé du mode « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » à un grand ciel bleu qui poussait paresseusement les nuages sur le cap de Bréhat. 

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Les falaises de Plouha sont magnifiques, se méritent (il y a quelques montées / descentes bien raidasses) mais au milieu des ajoncs et de la mer turquoise, je n’aurais voulu être nulle part ailleurs. Je vous laisse juger. 

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Je voulais pousser jusqu’à Paimpol ce soir ; vous l’aurez compris d’habitude j’essaie de bivouaquer 1j/2, mais là, il me fallait une carotte pour y arriver. J’aurais de toute façon été bien en mal de bivouaquer : il y a zéro point d’eau sur le parcours (bouh !!). Les quelques kilomètres à l’arrivée m’ont achevée : des montagnes russes à n’en plus finir - si j’avais su, je serais passée par la plage (même si elle me semblait un peu vasouilleuse). J’en ai profité pour rattraper mon retard sur « Wait wait don’t tell me », une emission américaine qui traite l’actualité sous forme de quizz, et si ça vous paraît être un truc de nerd démocrate américain, eh bien vous avez visé parfaitement juste. 

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Heureusement, à l’arrivée, il y avait les jolis abords pastoraux de l’abbaye de Beauport, et une douche chaude XXL. Demain, ravito à Paimpol !

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Jour 8 : Binic - Saint-Quay Portrieux

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Jour 8

🧼Date : 8 mai

🧼Distance : 14 km

🧼Départ - Arrivée : Binic - Saint-Quay Portrieux

🧼Lessive : FAITE !!

Je me suis réveillée de bien mauvaise humeur après une nuit passée à écouter tomber la pluie en me disant que j’allais passer un sale quart d’heure quand il faudrait ranger la tente le matin. J’avais terriblement mal choisi mon spot de bivouac (note à moi-même : un sous-bois humide alors qu’il va pleuvoir toute la nuit ? Vraiment ???) et bingo : j’ai passé un sale quart d’heure. Je ne me suis pas attardée là et j’ai foncé à la ville d’à côté, Binic, où j’ai trouvé (merci petit jésus) une boulangerie qui m’a vendu de quoi calmer mon infatigable appétit (tu m’étonnes que le GR34 soit une manne économique). 

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Ça allait mieux après avoir pris mon petit déjeuner - quoiqu’allumer mon réchaud pour me faire un café en évitant la crise nerf a tenu du miracle vu le vent qui soufflait. J’ai vu, sur le port, des types habillés en militaires et je me suis soudain souvenu qu’on était le 8 mai, ce qui n’a rien fait pour secouer ma motivation déjà vacillante. Je n’avais aucune envie de passer une deuxième nuit en bivouac, et il y a assez peu de campings sur la côte - j’avais le choix entre faire 30 km ou 15. Bon, je vous épargne le suspens : je me suis arrêtée à 15. 

Je culpabilise - je ne sais pas bien pourquoi mais passons - de faire aussi peu de kilomètres mais c’est la solution la plus raisonnable. J’ai donc pris mon temps sous les averses intermittentes : je crevais de chaud sous mon Kway pour me prendre, 2 minutes plus tard, des quantités incroyables de flotte sur le coin de la figure. Rinse and repeat. Rien à faire, à part attendre que ça passe et rester zen. 

chiaroscuro de sandwich (XXIe siecle)

chiaroscuro de sandwich (XXIe siecle)

Les cieux ont été bien aimables et m’ont accordé une demi-heure de pause histoire que je puisse déjeuner. Je voue une passion sans fin au combo café + sandwich, que je dois à Jim Qwilleran, le héros des polars « The Cat Who » de Lilian Jackson Braun - un ancien journaliste dont la commande au Press Club de Chicago était exactement celle-là. Et évidemment, pas un expresso : un bon vieux café filtre, avec un bon vieux sandwich. Je ne trouve ça quasiment nulle part, alors je suis bien obligée de me les faire toute seule. C’était délicieux, jusqu’au moment où mon café s’est renversé par terre et où les cieux ont décidé qu’il était temps de remballer tout ça - et zou, une énième averse. J’ai eu la nette impression de passer la matinée dans un car wash. 

portrait de l’artiste en son tunnel

portrait de l’artiste en son tunnel

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La bonne nouvelle, c’est que je suis arrivée indécemment tôt au camping ; j’y ai planté ma tente entre deux haies, pour limiter au maximum l’effet du vent qui devrait souffler ce soir. Il y avait également des machines à laver (youpi !) où j’ai lancé avec abandon l’intégralité de mes affaires - je vous écris donc vêtue d’un Kway et d’un pantalon de pluie (qui, soyons clairs, est un nom bien ambitieux pour désigner ce qui n’est qu’un sac poubelle avec deux trous pour les pieds). La classe intégrale. Depuis, je bouquine sous la tente (en entendant avec joie cette fois la pluie tomber ailleurs que sur moi) : un 8 mai comme les autres, finalement. 

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